Le HCEfh a publié jeudi 24 avril, une étude réalisée en collaboration avec l’INSEE et l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), dressant un portrait inédit des inégalités femmes-hommes dans les quartiers relevant de la politique de la ville et des territoires ruraux fragilisés. 10 millions de femmes et d’hommes résident dans ces zones géographiques. Il ressort de cette étude que les inégalités femmes-hommes – qui existent partout et dans tous les milieux sociaux – se trouvent alors renforcées et/ou spécifiques.

L’accès aux soins est très difficile pour elles, 27% des femmes affirment avoir renoncé aux soins, contre 18% des hommes. L’extrême pauvreté, la désertification médicale et le moralisme religieux pour les actes de gynécologie sont des facteurs insurmontables. 19% d’entre elles souffrent d’obésité dans les quartiers difficiles. L’accès aux maternités pose problème. En moyenne, une femme met dix-sept minutes pour accéder à une maternité en France. Dans les campagnes, le trajet moyen est de trente minutes avec un record à quarante-deux minutes dans le Gers.
 
L’emploi aussi est difficilement accessible. Dans les zones urbaines sensibles (Zus), 1 femme sur 2 seulement est sur le marché du travail quand c’est le cas de près de 2 femmes sur 3 en France ; en milieu rural, 39% des femmes salariées sont à temps partiel contre 29% au niveau national.

 

Enfin, l’étude précise qu’en zone urbaine sensible, près d’une femme sur trois éprouve un sentiment d’insécurité dans son quartier, contre moins d’une femme sur cinq hors ces zones. Le vrai problème, souligne l’étude, réside dans les conflits intra-familiaux. Une plus grande proportion de femmes déclare avoir subi des violences au sein du couple dans les quartiers. Enfin, ce sont elles qui ont les revenus les plus faibles, ce qui les rend moins indépendantes et plus vulnérables.