Plan Cancer : priorité au dépistage et à la prévention

Marisol Touraine, ministre de la Santé, a remis vendredi 13 février un premier bilan d’étape au président de la République.

Un premier point d’étape sur le plan Cancer (2014-2019) a été remis au président de la République par Marisol Touraine, vendredi 13 février. L’accent est mis sur les dépistages des différents cancers et la prévention.

 

Accentuer les dépistages

Le plan a prévu la mise en place d’un «dépistage systématique» du cancer du col de l’utérus, qui touche chaque année 3 000 femmes et cause plus de 1 000 décès. L’objectif affiché est de réduire cette mortalité de 30 % en dix ans. Dans cette logique, le vaccin préventif anti-Hpv sera fortement recommandé aux jeunes filles. Une étude sur les «effets secondaires» de la vaccination anti-Hpv a été engagée en 2014 et sera publiée en 2015 afin de proposer une «stratégie de vaccination», note le rapport d’étape. 

Un plan de dépistage du cancer colorectal sera également déployé au cours du premier trimestre 2015.

Cancers professionnels, carton rouge

La bonne nouvelle est que, un an après la présentation des 185 actions du plan, l’Institut national du cancer (Inca) qui est responsable de son pilotage, a assuré qu’une « grande majorité des actions programmées respectait le planning prévu». Toutefois, l’Institut note que les cancers professionnels ont été négligés dans ce plan et souhaite « l’identification des cancers d’origine professionnelle pour permettre leur reconnaissance en maladie professionnelle ».  

Le « droit à l’oubli » enfin reconnu ?

Ce droit, qui permet à un ancien malade de reprendre une vie normale, de retravailler sans être discriminé, pénalisé par les assurance et les banques, est une mesure promise il y a un an par François Hollande. Malgré la mise en place d’un groupe de travail, les discussions patinent. Pourtant Marisol Touraine l’a affirmé : « Si une personne a été guérie, il faut que ce le soit aussi pour les banquiers et les assureurs. » Une loi serait la bienvenue, notamment quand on pense aux enfants et aux adolescents qui guérissent d’un cancer et qui souhaitent démarrer leur vie d’adulte sans être discriminés.

Développer la chimiothérapie orale

Plus de chimiothérapie orale est l’un des grands objectifs du plan. La difficulté est que, en France, les traitements sont surtout délivrés à l’hôpital. Il y a donc beaucoup à faire :  former les professionnels et accompagner les patients. Des projets dans ce sens ont été lancés, et les premières  recommandations pour les professionnels de santé seront publiées en mars 2015 par l’Inca (Institut national du cancer).

Autre objectif : organiser et développer la chirurgie ambulatoire. Le cahier des charges pour des expérimentations a déjà été rédigé, et celles-ci, d’une durée de deux ans, seront lancées courant 2015. A terme, le nombre de séjours en chirurgie ambulatoire devrait plus que doubler dans les six prochaines années. Elle pourrait concerner 50 % de la chirurgie des cancers du sein.