Plan Cancer : lutter contre les inégalités

Dans son rapport final présenté au président de la République, la Direction générale de la santé (Dgs) dresse le bilan du deuxième plan cancer (2009-2012), dont 60 % des 118 actions prévues ont été réalisées ou le seront d’ici à la fin de l’année.

Avec 148 000 décès estimés en 2012 et 355 000 nouveaux cas par an, l’enjeu de la lutte contre le cancer est de taille. Dans son rapport final présenté au président de la République, la Direction générale de la santé (Dgs) dresse le bilan du deuxième plan cancer (2009-2012), dont 60 % des 118 actions prévues ont été réalisées ou le seront d’ici à la fin de l’année.
Selon le rapport de la Dgs, le deuxiè­me plan a œuvré au renforcement de la qualité et de la sécurité des soins sur l’ensemble du territoire. Des structures de soins ont été adaptées pour la prise en charge des enfants, des patients âgés ainsi que des personnes atteintes de cancers rares. Dans ce dernier cas, les structures sont coordonnées par des cen­tres experts (pour 23 types de cancers rares). L’accès à la médecine personnalisée et la participation aux essais cliniques ont également progressé. Le nombre d’équipements d’imagerie pour le diagnostic et la surveillance des cancers a augmenté (33 appareils d’Irm supplémentaires installés en 2010, pour un objectif de 88 prévus en 2013), même si les délais de rendez-vous restent encore trop longs, et présentent des disparités entre Régions, non corrélées à la densité régionale en Irm.

Pour autant, le deuxième plan Cancer n’a pas répondu à toutes les attentes. La consommation de tabac n’a pas reculé, en dépit des mesures prises. De même, la participation aux programmes de dépistage organisé ne progresse pas, tant pour le cancer du sein (taux de participation national de 52,7 % en 2012, au lieu des 65 % attendus) que pour le cancer colo-rectal (31,7 % en 2012, au lieu de 60 %).

Dans un autre rapport, intitulé « Recommandations pour le troisième plan Cancer », le Pr Jean-Paul Vernant, hématologue à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, place également le dépistage au côté de la prévention parmi les thématiques prioritaires pour le prochain plan Cancer, dont l’ambition est de réduire les inégalités sociales face à la maladie. Un vaste chantier qui devra prendre en compte, entre autres, l’implication plus importante des généralistes durant tout le parcours thérapeutique des patients, y compris à l’hôpital, mais aussi le remboursement intégral de tous les soins. Car pour le Pr Vernant, « les dépassements d’honoraires et le reste à charge parfois imposés aux patients sont sources d’inégalités à la fois en termes de liberté de choix et en termes de délais de prise en charge. »

Reste à savoir si ces propositions seront reprises dans l’élaboration définitive du troisième plan Cancer, annoncé par François Hollande le 12 décembre 2012. Réponse attendue au début de l’année prochaine.