Pendant les beaux jours, on est souvent dehors à flâner, jardiner, pique-niquer, bronzer… Mais comment réagir en cas de piqûres par une méduse, de tiques qui s’accrochent à la peau ou encore d’insolation ?

Brûlures : on refroidit

L’été, avec le barbecue, les brûlures sont fréquentes. La première chose à faire est de mettre la partie brûlée sous l’eau froide pendant cinq à dix minutes pour stopper la propagation de la chaleur et diminuer un peu la douleur. En revanche, n’appliquez pas de glaçons, ils provoquent une brûlure par le froid très douloureuse, ni de corps gras style beurreou de pommade. Si la brûlure est superficielle, aucun traitement spécifique n’est nécessaire, si ce n’est un antalgique en cas de douleur.

Vous pouvez aussi appliquer une crème dermo-reconstituante type Biafine ou un antiseptique à condition qu’il soit incolore pour ne pas masquer la rougeur. En revanche, si une cloque apparaît, ou si la zone brûlée devient blanchâtre et insensible au toucher, il faut consulter un médecin car il s’agit sûrement d’une brûlure du deuxième ou du troisième degré, qui nécessite une prise en charge adaptée. Si vous avez attrapé un coup de soleil, réhydratez-vous et tartinez généreusement, et à plusieurs reprises, la zone rougie avec de la Biafine (le lait après-soleil est inutile
dans ce cas) afin de refroidir la brûlure, et prenez du paracétamol si vous avez mal.

Morsures : on consulte

Comme la forêt est le royaume des tiques, en rentrant de promenade, vérifiez que vous n’en avez pas une sur la peau. Repérez sur vous un point noir qui ressemble à une écharde ou à une épine. Si c’est bien une tique, retirez-la au plus vite avec une pince à épiler ou une pince spéciale tique vendue en pharmacie. L’idéal est de pincer la tête et de tirer droit. N’utilisez surtout pas d’éther ou d’alcool, qui risquent d’endormir la tique et d’augmenter le risque d’infection. Si vous n’arrivez pas à l’enlever, allez chez le pharmacien. Désinfectez soigneusement la morsure ensuite et observez son évolution. Les tiques peuvent véhiculer des bactéries (logées dans leur ventre) et transmettre la maladie de Lyme, qui, non diagnostiquée à temps, peut être grave.

Si vous vous faites mordre par un animal, lavez la plaie au savon et à l’eau et prenez tout de suite un avis médical pour éviter les risques de contamination, surtout si c’est un chien que vous ne connaissez pas.
En cas de morsure par une vipère, allongez la personne et inclinez le membre touché vers le sol pour que le venin se diffuse moins rapidement.
Appelez les secours d’urgence, et si ce n’est pas possible, emmenez vous-même la personne aux urgences les plus proches en la bougeant le moins possible.

En attendant, désinfectez la morsure à l’eau (l’alcool et l’éther favorisent la diffusion du venin) et faites un petit bandage non serré. Retirez bagues et bracelets, qui peuvent gêner la circulation du sang. En revanche, ne faites pas de garrot, cela risque de bloquer la circulation. N’aspirez pas le venin, n’incisez pas et n’injectez pas de sérum antivenimeux non plus. Mal faits, ces gestes risquent d’être dangereux. Surtout, rassurez la victime : on peut se faire mordre par un serpent sans que le venin soit injecté, et, s’il l’est, il met plusieurs heures à se répandre. Mais ne lui donnez pas de thé, de café ou d’alcool, cela accélère les battements du cœur et la circulation du venin.

Plaies : on désinfecte

Une entaille en se promenant pieds nus sur les rochers et c’est la plaie. Commencez par la nettoyer avec du savon et de l’eau, puis désinfectez à l’aide d’une compresse et d’un antiseptique doux et incolore (les produits colorés empêchent de voir l’évolution de la blessure). Si vous n’avez pas de compresses sous la main, versez le désinfectant directement sur la plaie. N’utilisez pas de coton, les fibres peuvent rester collées à l’écorchure. Contrairement aux idées reçues, ne la laissez pas sécher à l’air libre mais recouvrez-la avec un pansement, l’humidité de ce dernier l’aidera à cicatriser plus vite. N’enlevez pas les croûtes qui se forment, elles protègent des saletés et tomberont d’elles-mêmes.
Si la plaie saigne, utilisez une bande légèrement serrée. Mais si les saignements sont trop importants ou si l’entaille semble profonde, mieux vaut consulter.

Idem si ça gonfle ou rougit autour de la plaie, si elle devient chaude ou purulente ou si ses contours sont douloureux. Et vérifiez que vous êtes bienvacciné contre le tétanos depuis moins de dix ans.

Entorses : on met de la glace

Un moment d’inattention dans un chemin creux, et hop !, la cheville se tord.
Les ligaments sont distendus, voire déchirés : il en résulte un œdème et une douleur vive, parfois un hématome. Le mieux est de vous faire porter sur le chemin du retour afinde ne pas aggraver la blessure.

Arrivé dans un lieu de repos, appliquez de la glace (dans un linge pour éviter une brûlure par le froid) ou des compresses froides sur l’articulation gonflée une vingtaine de minutes toutes les heures. Si la douleur reste vive, il est préférable de consulter un médecin car seule une radiographie de l’articulation pourra écarter la possibilité d’une fracture. Sinon, un strapping (ou une orthèse semi-rigide) permettra de protéger l’articulation sans gêner sa mobilité, à condition de ne pas serrer trop fort le bandage pour ne pas couper la circulation sanguine. Dormez la cheville surélevée.

Coup de chaleur : on se réhydrate

Rester au soleil sans se protéger peut être à l’origine d’une insolation. Mettez-vous tout de suite à l’ombre et réhydratez-vous régulièrement. Le coup de chaleur peut être plus grave. Il intervient dans des ambiances très chaudes (température supérieure à 30 °C) où l’air ne circule pas : dans ces conditions, le corps ne parvient plus à réguler sa température, qui peut alors monter jusqu’à 40 °C. Les nourrissons, les enfants, les personnes âgées ainsi que les sportifs y sont particulièrement sensibles.

La peau est sèche et brûlante. Appelez tout de suite les secours. En attendant, allongez la personne dans un endroit frais, bien aéré et à l’ombre.
Il faut à tout prix faire baisser la température du corps, en faisant boire de l’eau fraîche, en appliquant du linge humide sur le corps ou, si vous le pouvez, en faisant prendre une douche fraîche à la victime (mais pas froide pour éviter un choc thermique).

L’été, pour protéger les personnes âgées de la déshydratation, donnez-leur à boire de l’eau souvent et en petites quantités. Enfin, ne laissez jamais seul un enfant dans une voiture au soleil, les fenêtres fermées, même pour quelques instants.

Piqûres : on a le bon réflexe

Gare aux épines en taillant vos rosiers : les piqûres peuvent passer inaperçues et se transformer en panaris, en phlegmon, ou carrément en inflammation aiguë ou chronique. Pour empêcher l’infection, désinfectez la piqûre et lavez-vous les mains ensuite régulièrement avec de l’eau et du savon.
Si la moindre rougeur apparaît, consultez le médecin. Pensez aussi à vos rappels de vaccin antitétanique, et faites-vous vacciner si vous n’êtes pas à jour. Après une piqûre d’insecte, appliquez une crème contre les démangeaisons. Si c’est une guêpe ou un frelon, assurez-vous que l’insecte n’a pas laissé son dard, et le cas échéant retirez-le avec une pince à épiler désinfectée.

Si vous vous faites piquer à la gorge ou dans la bouche, que vous soyez allergique (gonflement…) ou que vous ayez une sensation d’étouffement, il faut appeler immédiatement le 15.
A la mer, ce sont les méduses qui donnent des boutons urticants. Rincez-vous à l’eau de mer (l’eau douce fait éclater les vésicules) sans frotter, recouvrez la piqûre de sable et laissez sécher puis, à l’aide d’un morceau de carton (ou d’une carte bleue), enlevez le sable et les cellules urticantes encore présentes sur la peau. Rincez-vous à nouveau à l’eau de mer (chaude de préférence) et mettez un antiseptique.

Une piqûre au visage nécessite un avis médical. Ne touchez pas les méduses échouées sur la plage, elles piquent toujours ! Attention aussi aux oursins, leurs piquants peuvent provoquer un abcès. Retirez-les avec une pince à épiler et désinfectez. Quant aux vives, souvent cachées dans le sable, leur venin peut être très douloureux, voire provoquer un malaise.

Faites couler de l’eau chaude sur la piqûre pendant vingt minutes ou approchez le bout d’une cigarette allumée pendant dix minutes (la chaleur détruit le poison), prenez un antalgique et allez, éventuellement, au centre de secours le plus proche.