Selon un rapport de la Haute Autorité de santé (Has), rendu public le 2 mai, donner à l’avance une pilule contraceptive d’urgence – ou pilule du lendemain – à toutes les femmes n’est pas probant pour faire baisser le nombre de grossesses non désirées.

C’était une des pistes envisagées par l’Inspection générale des affaires sociales dans son évaluation de la loi de 2001 sur l’Ivg. Saisie par la Direction générale de la santé sur cette question, la Has estime que cette solution n’a pas fait la preuve de son efficacité.

En revanche, la Has recommande une prescription au cas par cas, « accompagnée d’une information personnalisée », notamment en direction des femmes qui ont des difficultés d’accès géographiques à la pilule du lendemain (éloignement d’une pharmacie ou d’un centre de planning familial).

Elle conseille également de mieux informer sur cette contraception d’urgence via les professionnels de santé, les associations et les programmes d’éducation à la sexualité en milieu scolaire. Un frein majeur, selon elle, à l’utilisation de la contraception d’urgence « est sa méconnaissance ».

En France, alors que trois femmes sur quatre ont une contraception, les échecs restent fréquents : une grossesse sur trois est non prévue et la moitié conduisent à une interruption volontaire de grossesse. En 2010, une femme sur quatre en âge de procréer a déjà eu recours à la pilule du lendemain, utilisée surtout chez les 15-19 ans.

La Has rappelle que la contraception d’urgence désigne une contraception « de rattrapage » pour les femmes ayant eu un rapport sexuel non ou mal protégé. « Elle n’est pas efficace à 100 %. » La pilule doit être prise dans les 3 à 5 jours qui suivent la relation. Plus sa prise a lieu rapidement après le rapport non protégé, plus son efficacité est grande. « Elle n’est pas destinée à être utilisée de façon régulière en raison du risque d’échec plus grand qu’avec les autres contraceptifs », souligne la Has.

Disponible en pharmacie sans ordonnance médicale, elle est délivrée de manière gratuite et anonyme aux mineures en situation d’urgence.