La pause de tatouages ou de piercing n’est actuellement pas réglementée. Or ces activités ne sont pas sans risques. La qualification de l’opértateur, la qualité des métaux et des instruments utilisés, l’hygiène jouent un rôle très important. Dans un rapport rendu public en janvier 2008, l’académie de Médecine a formulé 10 recommandations.

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Une autorisation parentale écrite est indispensable pour les mineurs. Doivent être formellement déconseillés : avant l’âge de 18 ans, tout tatouage et tout perçage de la langue, des mamelons et des régions génitales et, en dessous de 16 ans, tout perçage, à l’exception toutefois de celui du lobule de l’oreille.

En ce qui concerne les perçages de la région génitale surtout féminine dont les conséquences peuvent être extrêmement graves, à défaut de pouvoir les interdire à l’instar du Royaume Uni, il est hautement souhaitable qu’ils soient formellement déconseillés et que soient sanctionnés ceux qui les pratiquent, soit au titre de violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente (art. 222-9 et 222-10 du code pénal) soit au titre d’exercice illégal de la médecine si le perceur a prescrit des antibiotiques ou des anti-inflammatoires ou utilise des anesthésiques (art. 4161-1 du code de la santé publique), ce qui n’est pas rare concernant cette localisation.

2

Les studios où se pratiquent tatouages et perçages (à part celui du lobule de l’oreille) doivent recevoir, après une inspection adéquate, l’agrément des autorités sanitaires compétentes en ce qui concerne l’aménagement des locaux et l’équipement en matériel, ainsi que le traitement des déchets.

3

Les actes de tatouage et de perçage ne doivent être réalisés que par des personnes ayant suivi une formation théorique et pratique, dont il serait souhaitable qu’elle soit envisagée en concertation avec les autorités concernées et les associations professionnelles, et qui connaissent les règles d’hygiène et les premiers gestes d’urgence.

4

Le futur client doit recevoir une fiche d’information standardisée, établie par les autorités sanitaires, détaillant les divers risques que comporte le geste projeté : infection immédiate ou secondaire, superficielle ou profonde, cicatrices chéloïdiennes, réactions allergiques locale ou à distance et parfois retardées, retards de cicatrisation, hépatite virale … Il doit donner un consentement éclairé établi après un délai de réflexion d’au moins 15 jours, sous forme d’un document écrit signé par lui ou, s’il est mineur, par ses parents.

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Au futur client doit être conseillé de s’assurer auprès de son médecin de l’absence d’antécédents d’allergie et de contre-indication à l’acte prévu. Il doit aussi lui être remis un exposé des recommandations pour la pratique des tatouages et perçages (du genre du Guide des bonnes pratiques du piercing) lui permettant d’apprécier la fréquence et la gravité des complications éventuelles, avec des fiches techniques communes aux deux pratiques (utilisation d’instruments à usage unique ou prédésinfection des instruments réutilisables…), ainsi que des fiches spécifiques « perçage» et « tatouage ». La recommandation de consulter un médecin en cas de complication doit lui être précisée. Une vaccination contre l’hépatite B est au moins souhaitable.

6

Les produits de tatouage utilisés doivent répondre strictement aux règles définies par le code de la santé publique.

7

Pour le perçage, la réglementation européenne concernant la nature du matériel utilisé et inséré doit être strictement respectée, surtout s’il s’agit de métaux fréquemment allergisants, notamment nickel.

8

– La responsabilité juridique des personnes exerçant ces pratiques, qui sont actuellement considérées comme des artisans ou commerçants, doit être engagée.

9

Les autorités sanitaires doivent être informées de l’existence des lieux où se pratiquent tatouages et perçages, et être chargées d’organiser la mise en place de ces mesures, ainsi que de veiller à leur application grâce à des contrôles réguliers destinés à vérifier la stricte application de ces bonnes pratiques et la conformité des installations et du matériel, avec possibilité de sanctions en cas de non respect des règles ci-dessus énoncées.

10

Le don du sang doit être interdit au cours de l’année suivant un tatouage ou un perçage.