Pesticides : Phyto-Victimes fait moisson de promesses au Salon de l’agriculture

Des adhérents de l’association Phyto-Victimes ont manifesté lundi devant le stand de l’Union des industries de la protection des plantes (Uipp) – en fait les industriels de la chimie et producteurs de produits phyto-sanitaires – au Salon de l’agriculture.

Victimes, parents ou veuve d’exploitant agricole touché par les pesticides, mais aussi salariés de l’industrie agro-alimentaire qui rencontrent les produits phyto-sanitaires en bout de chaîne, ont témoigné de la difficulté de faire reconnaître les intoxications en maladie professionnelle. Ils ont demandé justement le classement de ces affections en maladies professionnelles, mais aussi le retrait des produits dangereux.

Rencontré lors de cette action, le ministre de l’Agriculture se serait engagé à agir ont déclaré deux des manifestants à Ouest-France : « Contre toute attente, Bruno Le Maire a promis de revoir au plus vite le tableau des maladies professionnelles de la Msa [la Mutualité sociale agricole, la « Sécu » des agriculteurs, Ndlr]. Il a déclaré que si 3 000 agriculteurs devaient être indemnisés, ils le seraient. »

Le président de la Fnsea, principale organisation du monde agricole, s’est engagé dans le même sens et demandera à la Msa « d’améliorer la prise en charge des victimes et faire évoluer le tableau des maladies professionnelles ».

Cette promesse sur la réparation, si elle était tenue, serait un grand pas pour les victimes. Rien n’a été dit par contre sur l’usage des pesticides : la France est pourtant le plus consommateur de ces produits en Europe. 80 000 tonnes en sont répandus chaque année dans le pays.

L’association Phyto-Victimes a été créée par Paul François, un agriculteur contaminé par un pesticide et qui a récemment fait condamner en première instance Monsanto, leader mondial de l’agrochimie.

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