Peau : lorsqu’elle vous gratte

Du désagrément passager à l’affection chronique, les problèmes de peau sont divers. Mais ils tournent parfois au cauchemar, tant par les démangeaisons que par la gêne sociale qu’ils entraînent. On sait aujourd’hui mieux les identifier et en atténuer les effets.

L’eczéma atopique

Une personne sur vingt connaît dans sa vie ce type d’éruption inflammatoire. L’eczéma atopique touche le plus souvent les bébés et les enfants, pour les trois quarts d’entre eux dans leur première année.

Les symptômes

Des plaques rouges qui démangent apparaissent sur la peau, qui peut devenir très sèche et irritée. L’éruption peut se situer sur n’importe quelle partie du corps, le plus souvent sur le visage et les joues. Ensuite, les lésions se localisent aux plis des coudes et des genoux, aux poignets et aux chevilles. L’eczéma atopique disparaît en principe vers 4 ou 5 ans mais peut persister chez certains enfants, voire à l’âge adulte.

Les causes

Des désordres immunitaires génétiquement transmis aboutissent à des réactions d’hypersensibilité aux allergènes de l’environnement (poussières, acariens, aliments). L’eczéma atopique est souvent associé à d’autres allergies, comme l’asthme ou le rhume des foins.

Comment le soigner ?

On le soigne par l’application quotidienne de crèmes grasses (sur prescription médicale) qui hydratent la peau et, en cas de poussée inflammatoire, par des dermocorticoïdes. On peut leur associer des anti-histaminiques (contre l’allergie).
Il est fondamental de supprimer les sources d’allergènes comme les poils d’animaux, les acariens, les poussières. Lait, œufs, poissons… seront exclus s’ils sont générateurs de poussées, mais un régime de principe n’est pas recommandé. Consultez votre médecin, qui procédera à une série de tests pour en identifier la ou les causes.

Conseils : portez du coton (laine et synthétique échauffent
la peau sensible) ; baissez le chauffage (trop de chaleur favorise l’inflammation) ; évitez la moquette et passez souvent l’aspirateur ; maintenez les animaux domestiques hors de la maison.

L’urticaire

Cette affection touche une personne sur cinq en moyenne, et plus souvent les femmes.

Les symptômes

Des protubérances œdémateuses apparaissent sur la peau dans les minutes qui suivent le contact avec la substance incriminée ou son ingestion. On les reconnaît à leur taille, qui va d’un simple point à plusieurs centimètres de diamètre ; à leur aspect saillant et rouge au début, puis qui vire au blanc ; à leur durée, qui ne dépasse pas quelques heures ; et à l’absence de cicatrices après l’éruption. Il arrive que l’œdème se propage aux muqueuses, et devienne grave s’il atteint le larynx.

Les causes

La libération d’une substance chimique, l’histamine, provoque une dilatation des capillaires (les petits vaisseaux de la peau). Perméables, leurs parois sont remplies d’un sérum qui fait gonfler les tissus. Ce phénomène est soit consécutif à l’ingestion d’un aliment, d’un médicament, ou à une piqûre d’insecte, soit lié au contact avec un végétal urticant ou avec un aliment riche en histamine. Souvent, plusieurs facteurs sont en cause.

Comment la soigner ? 

Une fois le ou les éléments
déclenchants identifiés,
on prescrit des antihistaminiques.

Conseils : notez ce que vous mangez, y compris les
compléments alimentaires
comme les vitamines et minéraux ; faites pratiquer des tests de sensibilité à vos aliments les plus courants afin de déterminer
ceux qu’il faut éliminer.

La dermite séborrhéique

Cette affection, fréquente mais plus ou moins sévère, touche le plus souvent les 20-30 ans, et les hommes plutôt que les femmes.

Les symptômes

Des pellicules apparaissent sur le cuir chevelu. Sur le visage (sur les plis de chaque côté du nez, les sourcils, derrière les oreilles) et, beaucoup plus rarement, sur les parties pileuses du tronc, des plaques rouges et squameuses se développent qui démangent.

Les causes

On attribue la survenue de cette dermite surtout à la séborrhée, car les zones touchées sont celles qui sont bien pourvues en glandes sébacées. Chez certaines personnes, il existe une prolifération de la levure Pityrosporum ovale, qui aime à vivre là où le sébum est important. Le stress et la fatigue sont deux facteurs aggravants.

Comment la soigner  ?

L’affection est soulagée par la prise ponctuelle de dermocorticoïdes et par des mesures d’hygiène simples.

Conseils : n’utilisez pas trop souvent savon et shampooing, qui agressent la peau ; utilisez des produits antifongiques (shampooings ou crèmes agissant contre les champignons des régions grasses de la peau) ; évitez les expositions prolongées au soleil ; portez des gants de ménage ; préférez les cosmétiques et les soins pour peau sensible.

L’eczéma de contact

Il est provoqué par le contact direct avec une substance agressive (on parle alors de dermite irritative) ou par allergie, et c’est alors un vrai eczéma de contact, qui ne concerne qu’une minorité de personnes.

Les symptômes

Au départ, la peau est enflammée et suintante, puis elle devient épaisse, sèche, irritée et squameuse. Quand les lésions sont chroniques, des fissures peuvent apparaître. L’eczéma se développe sur les mains et les bras, mais aussi sur d’autres parties du corps (oreilles, visage, etc.).

Les causes

Ce type d’eczéma peut se déclarer à n’importe quel moment de la vie, à cause d’un produit utilisé quotidiennement : cosmétiques, métal, détergent… Mais, une fois que cette première réaction immunitaire s’est produite, elle revient dès que la peau est en contact avec la substance allergisante. Le nickel, que l’on trouve dans la composition des bijoux fantaisie, est souvent incriminé.

 Comment le soigner  ?

Il faut identifier le produit responsable grâce à des tests allergologiques de contact, puis, si possible, l’éliminer. On traite les lésions à l’aide de dermocorticoïdes et d’anti-histaminiques.

Conseils : préférez l’eau tiède à l’eau chaude et un pain dermatologique au savon ;
utilisez des crèmes hydratantes pour la peau et essayez les détergents doux pour laver votre linge.

Et si c’était la tête ?

La peau est à la fois capteur, barrière et outil de communication : rien d’étonnant à ce que certaines affections cutanées soient d’origine psychique, même s’il est parfois difficile de faire la part des choses entre génétique et somatisation.
Quand les troubles ne guérissent pas sous l’effet des médicaments ou reviennent, on peut avoir recours à un psy et aux thérapies comportementales, aux cures thermales (qui permettent de s’éloigner d’un environnement perturbant) et aux techniques qui luttent contre le stress : relaxation, yoga, hypnose… Des approches qui débouchent souvent sur des résultats positifs quand on a « mal à la peau ».