Pas de boissons énergisantes pour les enfants et les femmes enceintes

Dans un avis rendu public le 1er octobre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande d’éviter la consommation de boissons dites énergisantes en association avec de l’alcool ou lors d’un exercice physique. Les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et allaitantes ne doivent pas non plus consommer ces boissons commercialisées depuis 2008 en France, en raison d’effets indésirables potentiellement graves.

Les boissons énergisantes sont en effet des sodas enrichis en substances déjà présentes dans l’alimentation (caféine, taurine, vitamines,…) et contiennent quasi-systématiquement de la caféine. Pour exemple, la consommation d’une canette standard (250 ml) apporte en moyenne l’équivalent en caféine de deux cafés « expressos » ou de plus de deux canettes de sodas au cola.

« Cette composition en fait des boissons « excitantes » qui peuvent lorsqu’elles sont associées à certains modes de consommation (alcool, sport,…) générer des accidents cardiaques graves chez les consommateurs porteurs de prédispositions génétiques fréquentes (1 individu sur 1000) et généralement non diagnostiquées », indique l’Anses. Pour ces raisons, l’Agence déconseille également ces boissons aux personnes affectées de certains troubles cardio-vasculaires, psychiatriques ou neurologiques (épilepsie) ou encore souffrant d’une insuffisance rénale ou d’une maladie grave du foie.

Leur consommation peut également entraîner un risque de retard de croissance du fœtus lorsqu’elles sont consommées par la future maman. Chez les femmes allaitantes, la caféine présente dans ces boissons peut passer dans le lait maternel. L’Anses recommande ainsi d’être particulièrement vigilant sur les apports de caféine chez les enfants et les adolescents. « S’ils sont trop élevés, les jeunes peuvent souffrir de troubles du sommeil, somnoler le jour et même risquer de développer ultérieurement des conduites addictives à d’autres substances psycho-actives », rapportent les experts.

La caféine en cause

Selon le rapport de l’Anses, 257 cas d’effets indésirables ont été signalés, dont 212 pouvaient être analysés. L’imputabilité de la consommation de boissons dites énergisantes dans la survenue de ces évènements indésirables a été jugée, selon les critères de la nutrivigilance, très vraisemblable ou vraisemblable pour 25 cas, soit 12 % des signalements.

Les principaux symptômes observés parmi ces derniers sont essentiellement : cardiovasculaires (sensations d’oppression ou de douleurs thoraciques, tachycardie, hypertension, troubles du rythme allant jusqu’à l’arrêt cardiaque…), psycho-comportementaux ou neurologiques (irritabilité, nervosité, anxiété, voire crises de panique, hallucinations, épilepsie), des effets indésirables couramment observés après une prise de caféine en quantité élevée.

A l’issue de l’analyse de ces cas et des données bibliographiques, la caféine de ces boissons a été considérée comme le facteur explicatif majeur. Or force est de constater que nombre de Français dépassent les niveaux de caféine conseillés : environ 30 % de la population adulte dépasse le seuil retenu comme générateur d’anxiété (correspondant pour un adulte à l’apport en caféine d’environ 6 expressos) et près de 7 % excède le seuil au-delà duquel une toxicité chronique plus générale est suspectée (santé osseuse et cardiovasculaire, cancer, fertilité masculine,…).

L’Anses considère ainsi que la multiplication des sources de caféine, notamment via les boissons dites énergisantes, combinée aux modes de consommation actuels de ces boissons est susceptible de générer des situations à risque.  En France, environ 32 % des consommateurs de boissons dites énergisantes les consomment lors d’occasions festives (bars, discothèques, concerts, etc.), 41 % en lien avec une activité sportive, 16 % en mélange avec de l’alcool. Et 25 % des consommateurs français en consomment plus de 500 ml sur une même journée