Les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez son ophtalmologiste sont particulièrement longs. Marisol Touraine annonce des mesures pour en faciliter l’accès.

Il faut trois mois, parfois plus selon les Régions (un an en Picardie !), pour obtenir un rendez-vous chez son ophtalmologiste. De nouvelles mesures sont annoncées par Marisol Touraine pour réduire ce temps d’attente. Déjà, en 2012, une série de mesures pour réduire ces délais ont été mises en place, dont l’augmentation de 40 % en trois ans du nombre de postes d’internes en ophtalmologie et le renforcement des coopérations entre ophtalmologistes, orthoptistes et opticiens. Celles-ci ont été expérimentées d’abord dans certaines régions (en Pays de la Loire, par exemple), afin de raccourcir les délais pour faire renouveler les prescriptions de lunettes.

Après une étude de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui a fait des recommandations, la ministre de la Santé propose, par voie d’amendement, de nouvelles mesures dans le projet de loi de modernisation de notre système de santé, qui sera examiné à partir du 14 septembre au Sénat :
 
– un premier amendement développe le « travail aidé » dans les cabinets d’ophtalmologie : ce mécanisme permet d’augmenter jusqu’à 35 % le nombre de consultations possibles, grâce à une meilleure répartition des tâches entre ophtalmologiste et orthoptiste ;
 
– un second amendement assouplit les conditions de renouvellement et d’adaptation des verres et des lentilles par les opticiens, dans un cadre sécurisé et en accord avec les ophtalmologistes.
 
Les ophtalmologistes sont trop peu nombreux (5 000 en France). Pourtant, les besoins se font sentir en raison notamment du vieillissement de la population. Une situation d’autant plus inquiétante que les trois quarts des ophtalmologistes ont plus de 50 ans. Le récent relèvement du numerus clausus (nombre de place en ophtalmologie pour les internes, de 150 environ) ou l’arrivée d’ophtalmologistes étrangers ne suffiront pas à compenser totalement cette tendance.