Onze nouveaux facteurs de prédisposition génétique à la maladie d'Alzheimer identifiés

C’est encore une nouvelle étape vers une meilleure compréhension de la maladie d’Alzheimer qui vient d’être franchie, grâce aux travaux réalisés dans le cadre du consortium international I-GAP ( International genomics of Alzheimer project ) et publiés dans la revue Nature Genetics.

Onze nouvelles régions du génome impliquées dans la survenue de la maladie d’Alzheimer ont été découvertes, treize autres ont été repérées et sont en cours de validation. Ces travaux, coordonnés par l’Unité mixte de recherche Inserm-Institut Pasteur de Lille-Université Lille Nord de France « Santé publique et épidémiologie moléculaire des maladies liées au vieillissement »-LabEx DISTALZ,  permettent ainsi d’ouvrir de nouvelles pistes dans la compréhension de la survenue de maladie d’Alzheimer, une étape essentielle pour la découverte de nouveaux traitements.

Cette analyse du génome permet en effet de mieux cerner le profil génétique des patients qui présentent un risque de développer une maladie d’Alzheimer. Pour exemple, l’une des associations les plus significatives a été retrouvée dans une région du complexe majeur d’histocompatibilité. Cette découverte est intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord, elle confirme l’implication du système immunitaire dans la maladie. De plus, cette même région est retrouvée associée à deux autres affections neurodégénératives, la sclérose en plaques et la maladie de Parkinson.

Des efforts mis en commun au niveau mondial

Depuis 2009, dix gènes de la maladie d’Alzheimer avaient déjà été mis au jour, permettant de mieux comprendre cette affection qui touche plus de 850 000 personnes en France. Cependant la caractérisation de la susceptibilité individuelle portée par le génome nécessite de pouvoir comparer l’Adn de malades à celui de personnes non malades. Une telle approche nécessite d’analyser les génomes de milliers d’individus, ce qui ne peut pas être réalisé à l’échelle d’une équipe ou même d’un pays isolé. En février 2010, les responsables des quatre plus grands consortiums de recherche internationaux sur la génétique de la maladie d’Alzheimer ont donc décidé d’unir leurs forces pour accélérer la découverte de nouveaux gènes. Ce travail d’équipe a porté ses fruits et permettra peut-être de trouver plus rapidement des solutions pour la prise en charge de cette maladie.