Ogm : l'étude du Pr Séralini retirée de la publication mais pas celle de Monsanto

En septembre 2012, le chercheur Gilles-Eric Séralini révélait, pour la première fois, que les rats nourris avec des OGM et exposés à l’herbicide Round Up GT développaient des tumeurs et présentaient un taux de mortalité plus élevé que les rats non exposés. Ses résultats étaient publiés dans la revue internationale Food and Chemical Toxicology.

L’affaire a immédiatement déclenché une polémique et le biologiste a été attaqué de toute part au prétexte qu’il avait sélectionné une souche particulière de rats et qu’il n’en n’avait pas analysé suffisamment  pour tirer des conclusions. Néanmoins, dans son avis l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) reconnaissait « l’originalité » du travail du Pr Séralini qui abordait « un sujet jusqu’ici peut étudié » et recommandait « d’engager des travaux sur ces questions ».

Visiblement, c’est tout le contraire qui se passe puisqu’aujourd’hui la revue  Food and Chemical Toxicology demande que l’étude soit retirée de la publication, comme l’ont annoncé les membres du CRII-GEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique) lors d’une conférence de presse à Bruxelles le 28 novembre.

Ils soulignent que « Si la revue ne s’est pas rétractée à l’époque malgré les pressions, quelques mois après, début 2013, elle a accueilli un nouveau “rédacteur en chef associé” pour les biotechnologies, Richard Goodman ». Or, ce dernier est un ex-employé de la firme Monsanto dans laquelle il a travaillé entre 1997 et 2004. Ceci expliquerait-il cela ? Sans aucun doute, pour le CRII-GEN car pour qu’une étude soit dépubliée, il faut qu’il y ait «fraude ou erreur ou interprétation intentionnelle», ce que n’a jamais reconnu la revue.

« Par contre, la courte étude de Monsanto publiée dans la même revue pour prouver l’innocuité de leur produit comporte erreurs ou fraudes, et ne fait pas l’objet d’une controverse bien que réalisée avec la même souche et le même nombre de rats (…) », dénoncent  les membres du CRII-GEN qui demandent à la Food and Chemical Toxicology « le retrait de l’étude de Monsanto sur le même maïs OGM qui a servi pour son autorisation ».

Le CRIIGEN saisit également les autorités européennes pour le réexamen des études ayant servi aux autorisations des OGM et des pesticides « car la présence d’OGM et autres contaminants dans la nourriture des témoins et dans les données de référence ou historiques invalident ces études ».