Des chercheurs de l’Inserm viennent de montrer que certains polluants alimentaires pouvaient être impliqués dans la survenue de troubles métaboliques comme l’obésité ou, du moins, les aggraver.

Dans l’étude, une alimentation riche en gras et un cocktail de substances chimiques composé de très faibles doses de dioxine, PCB, Bisphénol A et de phtalates ont été administrés à des souris durant toute leur vie ainsi qu’à leur mère avant leur naissance et pendant la gestation et l’allaitement.

En parallèle, des souris « témoins » ont reçu le même régime obésogène mais sans ajout de polluants.

Les résultats mettent en évidence des effets très dépendants du sexe et de l’animal. Ainsi, chez les femelles, les quatre perturbateurs endocriniens ont entrainé une aggravation de l’intolérance au glucose et une altération œstrogénique. Chez les mâles, le métabolisme des lipides et du cholestérol a été modifié. En revanche, le poids reste inchangé aussi bien chez les souris exposées que chez les non exposées.

Selon les chercheurs, l’exposition aux polluants pourrait se traduire chez les femelles obèses par une baisse de la protection exercée par les œstrogènes, lesquels sont connus pour prémunir des maladies métaboliques.

« Nous apportons, grâce à cette étude, une preuve que de faibles doses de polluants de l’ordre des doses considérées sans effet pour l’homme ont, en réalité, un effet lorsque l’exposition est chronique et que les polluants sont administrés dans une alimentation enrichie en calories », explique Brigitte Le Margueresse Battistoni, coordinatrice de l’étude.

 

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