Un nouveau test de dépistage du cancer colo-rectal, plus simple et plus fiable, est désormais disponible. Ses caractéristiques ont été exposées lors d’un colloque présentant les enjeux de ce dépistage, le 27 mars à Bordeaux.

S’il est détecté assez tôt, le cancer de l’intestin est guérissable dans neuf cas sur dix. Pourtant, c’est encore le deuxième cancer le plus mortel en France. Il faut avouer que l’ancien test de dépistage n’était pas très glamour : prélever un échantillon de selles par jour, le stocker et envoyer le test complet par la poste le sixième jour… le protocole en rebutait plus d’un !

Mais depuis quelques mois, un nouveau test est disponible. Comme l’ancien, il détecte des traces de sang invisibles à l’oeil nu dans les selles. Avec un avantage majeur : de six prélèvements nécessaires, on passe à un seul. Bref, « il est plus simple, plus fiable, plus performant », résume Frédéric de Bels, responsable du département dépistage à l’Institut national du cancer, lors du colloque sur « Les enjeux du dépistage du cancer colo-rectal », organisé par les Comités féminins pour la prévention et le dépistage des cancers à Bordeaux, et dont Mutami était partenaire.

Une nouvelle campagne de dépistage organisé commence début juin. Les personnes concernées – les 50-74 ans –, sont alertées par courrier tous les deux ans que leur test est disponible chez leur médecin traitant.
Un test positif n’est pas forcément synonyme de cancer. « Il faut dédramatiser la prise en charge de ce cancer qui reste encore tabou », rappelle Floja Kaci, de Mutami. Le diagnostic n’est établi qu’après une coloscopie effectuée sous anesthésie générale. « L’intérêt, explique Franck Zerbib, gastro-entérologue au Chu de Bordeaux, c’est que ce test détecte les polypes. » Ces petites tumeurs bénignes mais qui évoluent parfois en cancer peuvent être enlevées lors de la coloscopie. L’examen n’est donc jamais fait pour rien !

 

LES PARTICIPANTS AU COLLOQUE

Ouvert par Dominique Rousseau-Lebourg, présidente des comité féminins, le colloque s’est articulé sur plusieurs thématiques, chacune présentée par un spécialiste. Etaient présents ce jour-là, Frédéric de Bels, responsable du département dépistage de l’inca, le Pr Franck Zerbib, du service d’hépato-gastro-entérologie et d’oncologie digestive du Chu de Bordeaux, le Dr Edouard Chaburn, du même service,le Dr René Brunet, présidentde l’Agideca, le Dr CatherinePayet, médecin coordonnateurde l’Agideca, le Dr Marine Chabrun, généraliste, et le Pr Jean-François Bretagne, gastro-entérologueau Chu de Rennes. C’estle Dr Benoît Elleboode, conseillerdu directeur général de l’Ars Aquitaine, qui a conclu la journée.