L’Agence de biomédecine a autorisé le centre hospitalier Annecy Genevois à prélever des organes sur une personne décédée après que l’équipe médicale a décidé d’arrêter les traitements qui la maintenaient en vie.

C’est une première en France. L’Agence de la biomédecine a autorisé le centre hospitalier Annecy Genevois à prélever des organes sur une personne décédée après que l’équipe médicale a décidé d’arrêter les traitements qui la maintenaient en vie.

Jusqu’ici les prélèvements d’organes de patients n’étaient possibles qu’en cas de mort encéphalique, autrement dit quand le cerveau est irrémédiablement détruit, ou en cas d’arrêt cardiaque non contrôlé, par exemple après un infarctus. L’autorisation délivrée par l’Agence de biomédecine à des sites « pilotes » ouvre une troisième voie: celle d’une personne qui est en soins intensifs aux urgences et dont l’équipe décide d’arrêter les traitements.

Ce type de prélèvements existe déjà au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada ou encore aux Pays-Bas.

L’accord express de la famille est obligatoire

Sont principalement concernées des personnes plongées dans un coma irréversible, généralement placées sous assistance respiratoire, mais pas celles en coma chronique depuis plusieurs mois, comme c’est par exemple le cas de Vincent Lambert. L’équipe médicale pourra alors décider de ne pas aller plus loin dans la réanimation lorsque des soins “apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie” comme prévoit depuis 2005 la loi Léonetti sur la fin de vie.

L’objectif est ainsi de favoriser le don d’organes dans un contexte de pénurie : en 2013, 5 123 greffes ont été réalisées alors que 18 976 personnes étaient en attente d’une greffe en France.

Pour encadrer cette nouvelle mesure et éviter toute dérive d’ordre éthique, -comme de laisser mourir un patient pour prélever ses organes-, le protocole précise qu’il ne doit y avoir aucun lien entre l’équipe de réanimation qui décide d’arrêter les traitements et celle chargée du prélèvement d’organes, « afin d’éviter que la décision des uns n’influe sur les choix des autres », précise le Pr. Olivier Bastien, directeur de la greffe et du prélèvement à l’Agence de la biomédecine. De même, l’accord express de la famille est primordial pour enclencher la procédure.