20 % des étudiants n’ont pas accès aux soins. C’est un taux important.

Oui, et l’on sait que 34 % des étudiants renoncent aux soins. On nous avait promis un chèque-santé national, notamment pendant la campagne présidentielle, et aujourd’hui rien ne vient. La santé est pourtant un élément extrêmement important pour la réussite des étudiants. Et les inégalités sont criantes.

Que demandez-vous au gouvernement ?

Que l’on fasse sauter tout ce qui représente un frein à l’accès aux soins. Nous demandons l’interdiction des dépassements d’honoraires pour les jeunes de moins de 28 ans et leur accès automatique au tiers payant. On a de plus en plus d’étudiants qui ont du mal à trouver des spécialistes conventionnés, ce qui génère de vraies incompréhensions sur notre système de protection sociale. Aujourd’hui, seulement un gynécologue sur deux est conventionné. Alors les jeunes filles n’y vont pas….

Que pensez-vous de la généralisation de la complémentaire santé aux salariés ?

Cette généralisation exclut totalement les jeunes, alors qu’ils sont trois fois moins que le reste de la population à avoir une complémentaire santé. De même, les chômeurs et les retraités, c’est-à-dire les plus fragiles de la populatio,n ne sont pas concernés par ce dispositif.

D’autre part, à la Lmde, nous craignons que les étudiants basculent comme ayants droit sur la complémentaire santé de leurs parents. Cela en sera fini avec l’autonomie sanitaire des jeunes, puisque leurs parents verront passer leurs remboursements, par exemple pour consultation de gynécologues ou de psychologues. C’est pour nous une vraie inquiétude, et nous allons rencontrer Mme Marisol Touraine à ce sujet.

Les taxes sur les mutuelles mises en place par le précédent gouvernement pèsent-elles sur vos budgets ?

Considérablement. Jusqu’à cette année, nous n’avons pas répercuté les taxes sur les cotisations. Nous allons probablement devoir le faire, à hauteur de 7 %. Certains étudiants ne pourront pas suivre. Quand on est obligé de se loger, de manger, de se déplacer et d’acheter des bouquins de cours, sortir 200 euros pour une mutuelle, c’est très difficile. Aujourd’hui, la Sécu rembourse seulement un euro sur deux sur les soins courants, ceux auxquels ont recours le plus les étudiants. Cela devient dramatique. Alors que le système de Sécurité sociale de 1945 se voulait universel, nous allons de plus en plus vers un filet de sécurité minimal. Ceux qui ont les moyens ont une complémentaire, ceux qui ont encore plus les moyens une surcomplémentaire. Quant aux autres, les plus pauvres, ils ont un reste à charge ou simplement renoncent aux soins.