Entretien avec Didier Marchand, président de la mutuelle, qui nous parle des perspectives de développement.

 

Le 20  juin s’est tenue l’assemblée générale de la mutuelle, la première depuis
votre accession à la présidence. Quels points importants ont été débattus ?
Il s’agissait d’une assemblée générale intermédiaire qui fut surtout l’occasion d’évoquer les axes d’orientation stratégiques liés à la situation des mutuelles et à l’impact de l’Ani [accord national interprofessionnel]. Nous avons près de 5 000 adhérents, et l’Ani risque de nous en faire perdre de 15 à 20 %.
Cela compromettrait notre avenir, il nous faut donc songer à nous regrouper, à grandir ensemble avec d’autres structures, tisser des liens avec ceux
qui partagent nos valeurs pour être plus forts. C’est le travail que nous nous sommes fixé et nous ferons des propositions d’ici à la fin de l’année en ce sens. Par ailleurs, nous avons largement débattu des effets de la crise, des problèmes de précarité croissants, des difficultés d’accès aux soins en nous posant à chaque fois la question : comment se positionner par rapport à l’ensemble de ces problèmes ? Il faut savoir que sur notre territoire 30 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le sentiment qui a prévalu, c’est que la mutuelle ne peut rester spectatrice de ces difficultés.

Quelles perspectives d’évolution et d’action envisagez-vous ?
Nous sommes dans une bonne situation financière. Cela nous permet de réfléchir
très sereinement à l’évolution de la mutuelle. Aujourd’hui, nous souhaitons valoriser des locaux qui sont situés au-dessus du siège de la mutuelle. Cet espace est inutilisé, alors que des besoins énormes se font jour sur le territoire. Nous avons donc pris contact avec des professionnels de la santé pour leur proposer de mettre ces locaux à leur disposition. Si nous ne rencontrons pas d’écho, nous envisagerons peut-être de créer nous-mêmes une structure médico-sociale ; nous avons les moyens d’investir dans un centre de santé et entendons vraiment apporter des réponses aux difficultés des gens en matière de santé, mais nous ne porterons pas de projets tout seuls : j’aimerais attirer l’attention sur la responsabilité des politiques, qui, depuis
des années, en dépit des effets de la crise sur les populations, se désengagent en nous laissant seuls face aux problèmes de santé. Nous refusons de nous substituer à ce qui existe aujourd’hui. Nous les mettrons donc face à leurs responsabilités. Les élus de terrain seront associés à cette réflexion, je vais à cet effet rencontrer
les élus locaux et les organismes de tutelle pour voir ce qu’on peut faire ensemble.