« Nous réaffirmons notre identité cheminote »

Entretien avec Olivier Téchec, président de Mutuelle Entrain

 

Mutuelle Entrain est née fin 2009. Quatre ans plus tard, comment se porte-t-elle ?
Le bilan est positif : nous avons une offre très bien positionnée, qui connaît un succès certain auprès des cheminots. Mutuelle Entrain possède une organisation technique qui lui permet d’aborder tranquillement les objectifs économiques à venir, notamment en ce qui concerne la solvabilité. La mutuelle se porte bien. Elle a atteint un niveau d’organisation et de compétence plus que satisfaisant. Mieux, elle est reconnue par les cheminots, mais aussi au niveau national, par le monde mutualiste, aux côtés de la Fédération des mutuelles de France (Fmf). Nous restons très attachés au travail mené par la Fmf, tout en composant avec notre particularité, le secteur ferroviaire. Sur ce point, hélas, nous n’avons pas atteint tous nos objectifs, des mutuelles régionales ne nous ayant pas rejoints. Notre vraie plus-value, à nous, mutuelles cheminotes, c’est notre histoire, notre présence dans l’entreprise Sncf.

Où en est l’Union mutualiste de groupe Viamut ?
A sa création, en juillet 2013, l’objectif de l’Umg Viamut, qui regroupe Mutuelle Entrain et la Mutuelle générale des cheminots (Mgc), était de devenir incontournable sur le périmètre ferroviaire, mais aussi de rechercher plus d’efficacité économique et de solidarité financière. Six mois plus tard, cet objectif reste d’actualité.
Viamut n’a pas remporté le contrat collectif obligatoire pour les salariés contractuels de la Sncf, mais elle a été retenue avec trois autres à l’issue d’une première sélection. Nous avons réussi à proposer une offre qui tenait la route, et faire partie de cette short list reste positif. Maintenant, nous devons nous pencher sur les raisons pour lesquelles nous n’avons pas été retenus, au profit d’Humanis.
Viamut ne doit pas rester une simple marque : nous devons aller au-delà de l’image (positive auprès des cheminots) et bâtir une véritable organisation technique, afin de convaincre les partenaires sociaux Sncf et les organisations syndicales. 2014 sera l’année de la structuration technique de Viamut. Avec la Mgc, nous sommes passés de concurrents à partenaires. Il faut aller plus loin. L’heure est désormais à la consolidation.

Quels sont vos vœux de mutualiste pour 2014 ?
Alors même qu’il a fait l’unanimité contre lui, qu’il a été dénoncé par tous les représentants des caisses d’assurance-maladie, des caisses complémentaires et des mutuelles, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (Plfss) 2014, malgré cette mobilisation vigoureuse, a été entériné et adopté par l’Assemblée nationale.
Il est alarmant de constater que, alors que nous représentons la société française dans son ensemble, nous, mutualistes et représentants des caisses d’assurance-maladie, n’avons été ni écoutés, ni entendus. Les mutuelles devront impérativement instaurer un vrai rapport de force.
En ce qui concerne Mutuelle Entrain, son principal défi pour les mois à venir sera de rester, à tout prix, au cœur de l’actualité sanitaire et sociale et de continuer à tenir son rôle, indispensable, de défenseur de la protection sociale chez les cheminots.
Souhaitons qu’en 2014 la solidarité entre actifs et retraités subsiste au sein des mutuelles de cheminots. C’était la volonté de ceux qui ont créé les mutuelles, il y a plusieurs décennies, mais, malheureusement, cette solidarité est en péril, notamment avec la mise en place des contrats collectifs.
Les mutuelles cheminotes ont une carte à jouer : l’attachement des cheminots à leur culture est réelle, ce n’est pas un mythe. Les contrats collectifs tendent à les sortir de leur environnement ferroviaire. Cet attachement des cheminots à leur identité peut jouer en notre faveur.