Après les personnels et les usagers, les médecins, c’est au tour des politiques de dire officiellement leur désapprobation face au projet de pôle de santé public-privé dans les Hautes-Pyrénées, projet porté par l’Agence régionale de santé (Ars) Midi-Pyrénées.

Sur proposition du groupe Parti radical de gauche (Prg) et d’un élu du Front de gauche, le Conseil général des Hautes-Pyrénées a adopté une motion contre le projet d’hôpital unique aux motifs qu’il « consiste à adosser une aile hospitalière à la clinique privée Ormeau-Pyrénées, à réduire de 40 % l’offre de lits publics et à fermer la maternité de Lourdes (315 accouchements par an) ». Le département déplore également les conséquences de la tarification à l’activité (T2A) sur le rationnement des moyens financiers de l’hôpital, alors même qu’il doit assurer des missions d’intérêt général dont la permanence des soins. Considérant qu’un pôle de santé public-privé ne sera pas à même de garantir les conditions d’accès aux soins pour tous, il « exige un véritable schéma départemental d’organisation de la santé, le maintien de l’hôpital de Lourdes dans sa configuration actuelle -c’est-à-dire avec sa chirurgie et sa maternité-, la réouverture de la maternité de Lannemezan -conformément à la décision du tribunal administratif de Pau-, le développement de l’hôpital de Tarbes ainsi que de celui de Bagnères de Bigorre ».

De son côté, l’Ars se défend de vouloir sacrifier le public, annonçant la construction d’un hôpital public sur le site de la clinique privée Ormeau Pyrénées. Le Conseil de surveillance de l’hôpital vient d’ailleurs de voter majoritairement -seul le représentant Cgt a voté contre- en faveur de ce projet.

Quant à l’hôpital de Lourdes -ville dont la population explose en période touristique et de pèlerinage!- l’Ars ne veut y maintenir que la radiologie, la médecine et les urgences.

Afin de proposer à l’Ars et au ministère un contre projet prenant réellement en compte l’égalité d’accès aux soins de proximité et les spécificités géographiques et touristiques du département, le Conseil Général des Hautes-Pyrénées s’est prononcé pour la création en son sein, d’un groupe de travail réunissant des médecins des quatre hôpitaux du département, des élus, des représentants des comités de défense de chaque hôpital et des syndicats.