Le Gardasil, le vaccin contre le cancer du col de l’utérus est à nouveau dans le collimateur de la justice. Neuf jeunes femmes ont déposé plainte contre X, le 17 décembre pour « atteinte involontaire à l’intégrité physique et tromperie aggravée », auprès auprès du parquet du tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

En novembre dernier, c’est la famille de Marie-Océane qui déposait la première plainte contre le laboratoire pharmaceutique Sanofi Pasteur, fabricant du vaccin Gardasil, pour « atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine ».

Selon l’avocate des neufs victimes, Maître Camille Kouchner, ces jeunes femmes, âgées de 18 à 24 ans « ont en commun d’avoir contracté des maladies très invalidantes dans les semaines et les mois qui ont suivi la vaccination alors qu’elles n’avaient pas d’antécédents médicaux ». Elles souffrent en effet de la maladie de Verneuil, de lupus, de la maladie de Guillain-Barré, de myasthénie ou d’hypersomnie idiopathique.

Sans être nommément visé dans ces neuf nouvelles plaintes, la laboratoire Sanofi Pasteur MSD avait démenti le 24 novembre tout lien entre le Gardasil et la survenue de cas de sclérose en plaques. « Les études conduites en France et dans le monde pour évaluer l’association éventuelle entre la vaccination anti-HPV et la survenue de cas de sclérose en plaques n’indiquent aucune augmentation du risque d’apparition de cette maladie », affirmait alors Sanofi Pasteur MSD, alors que des patientes avaient déjà saisi des commissions régionales d’indemnisation des accidents médicaux, pour des effets secondaires liés selon elles au Gardasil.

En mars 2012, un groupe d’études de l’Assemblée nationale sur la vaccination avait recommandé « une recherche approfondie sur l’efficacité et les effets du vaccin », dont l’utilité contre le cancer du col de l’utérus fait débat depuis sa commercialisation en 2006.

136 millions de doses de Gardasil ont été vendus dans le monde depuis 2006, 5 millions en France. Selon l’InVS (Institut national de veille sanitaire), 29,9 % des adolescentes françaises ont reçu les trois doses en 2011.