Ne jouez pas avec votre santé, soufflez !

Mise en place par la Mutualité française, une campagne de prévention sur le souffle va être expérimentée dans le Nord avec le concours de la Smh. Elle s’étendra sur quatre mois, de mars à juin 2014.

La campagne de prévention de la Mutualité française portera sur le dépistage de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (Bpco). Cette maladie chronique inflammatoire qui touche les bronches se caractérise par une diminution progressive du souffle. Sa progression est lente, mais si elle n’est pas prise en charge à temps, elle finit par devenir très invalidante.

« En France, on estime à 3,5 millions le nombre de personnes concernées, or deux tiers d’entre elles ignorent qu’elles le sont », explique Valérie Crommelinck, responsable prévention à la Smh. Essentiellement en cause dans le déclenchement de la maladie : le tabagisme, même passif, les émanations toxiques, l’environnement professionnel, les particules.

Plus concrètement, et dans le cadre de la nouvelle convention « Hpst » (« Hôpital, patients, santé et territoires »), qui prévoit de renforcer le rôle de professionnels de la santé de proximité des pharmaciens, la mutuelle travaillera en collaboration avec eux. L’opération va se dérouler en deux temps : la Smh va d’abord envoyer un questionnaire simple à certains de ses adhérents. « Il s’agit d’une autoévaluation », souligne Valérie Crommelinck. S’ils acceptent d’entrer dans le processus, ils auront à répondre par oui ou par non à 5 questions : « Avez-vous plus de 40 ans ? Etes-vous fumeur ou ex-fumeur ? Etes-vous exposé à des fumées professionnelles ou à des émanations de produits chimiques ? Toussez-vous plusieurs fois par jour ? Ressentez-vous souvent le besoin de cracher ? »

Si l’adhérent répond « oui » à au moins trois questions, la Smh l’invitera dans un deuxième temps à se rendre chez un pharmacien (parmi une liste de 200), qui le prendra alors en charge (sensibilisation, rendez-vous santé et entretiens confidentiels). Si un adhérent présente une suspicion de Bpco, le pharmacien enverra un courrier à son médecin traitant.

La Bretagne, la Région Rhône-Alpes et le Nord-Pas-de-Calais ont été choisis pour mener cette expérience. Pour le Nord-Pas-de-Calais, la Smh s’appuie sur une étude de territoire de l’agence régionale de santé (Ars) pour concentrer la campagne sur le Valenciennois et la métropole lilloise. « En termes de risques de Bpco, nous sommes très exposés », souligne Valérie Crommelinck. « En travaillant en amont, le processus peut être limité », assure-t-elle. Si elle est porteuse, l’expérience régionale sera généralisée à l’ensemble du territoire.
Car les risques liés à la Bpco sont lourds : complications cardio-vasculaires, infarctus, hypertension, artérites, diabète et faiblesse musculaire. Actuellement, au niveau national, cela se traduit par 900 000 journées d’hospitalisation par an, pour un coût de 3,5 milliards d’euros, soit 4 000 euros par malade. Selon une estimation de l’Organisation mondiale de la santé, la Bpco pourrait être la troisième cause de mortalité en 2020. D’où l’importance de cette campagne…