« Mutualiser les moyens pour le bénéfice de tous ».

La Mutuelle des cheminots de Normandie devient un nouveau partenaire de la Mutuelle Familiale

En janvier, la Mutuelle Familiale a signé une convention de partenariat avec la Mutuelle des cheminots de Normandie (Mcn). Léonora Tréhel et Jean-Jacques Gillot, respectivement présidente et directeur général de la Mutuelle Familiale, Dominique Suzanne, président de la Mutuelle des cheminots de Normandie (Mcn), et Daniel Guiraud, qui en est le directeur, reviennent pour nous sur cet accord.

Qu’est-ce qui a amené vos deux organismes à signer cette convention ?
Dominique Suzanne : La Mcn ne propose que du contrat individuel, or, avec la mise en place de l’accord national interprofessionnel (Ani), près de 30 % de nos adhérents pourraient nous quitter. Notre pérennité est donc menacée. Cet accord va nous donner les moyens de nous positionner sur les contrats de groupe pour les Pme [petites et moyennes entreprises] et Tpe [très petites entreprises] de notre secteur géographique.
Léonora Tréhel : Nos deux organismes sont membres de la même famille mutualiste et partagent la même conception de ce que doit être la protection sociale et du rôle d’une mutuelle de proximité. La Mcn a besoin de se développer dans le « petit collectif » et elle est située dans une zone géographique où la Mutuelle Familiale n’est pas présente. Il y avait donc une convergence de valeurs et d’intérêts au bénéfice de nos adhérents respectifs.

Comment ce partenariat va-t-il se concrétiser ?
Jean-Jacques Gillot : La Mcn va utiliser l’offre que nous avons élaborée pour les sociétés de moins de 50 salariés. C’est un outil qui va au-delà de la simple construction du panier de soins, puisqu’il inclut un logiciel qui permet, au développeur de terrain, de faire des propositions de contrats, de tarifs, d’éditer les contrats, etc. Les conseillers de la Mcn travailleront donc en totale autonomie technique. La Mutuelle Familiale pourra aussi ­apporter un support technique si la Mcn était amenée à gérer un appel d’offres pour une entreprise d’une taille plus conséquente. De la même manière, si la Mutuelle Familiale devait répondre à un appel d’offres dans la Région normande, nous pourrions nous appuyer sur leur ancrage local.

Daniel Guiraud : Dans un premier temps, nous aurons donc un rôle d’apporteur d’affaires, autrement dit nous allons amener des contrats que la Mutuelle Familiale va gérer. Mais nous souhaitons rapidement avoir un rôle plus actif que celui-là, et donc gérer tout ou partie de ces nouveaux contrats.

Concrètement, pour les adhérents, qu’est-ce que cela va changer ?
D. S. : Rien dans l’immédiat, puisque c’est avant tout une décision de gestion. Mais si, comme nous ­l’escomptons, cette convention nous permet d’augmenter le nombre de nos adhérents, cela signifiera à terme une stabilisation, voire une baisse des cotisations.

Envisagez-vous également des synergies en matière de prévention ou de communication ?
L. T. : Absolument. Nous espérons que notre savoir-faire en matière de prévention soit utile à la Mcn pour fidéliser ses adhérents, développer ou renforcer ses partenariats avec les associations et instances locales.
D. S. : Notre petite structure n’a pas les moyens de lancer beaucoup d’actions de ce type. A ce jour, nous participons à une marche et organisons deux cafés santé par an. L’expertise de la Mutuelle Familiale en la matière est donc la bienvenue.
Du côté de la Mcn, ne craignez-vous pas une perte de votre « identité cheminote » ?
D. G. : Non. D’abord car nous ne sommes pas recroquevillés sur cette identité, puisque 25 % de nos adhérents sont déjà des personnes extérieures au monde cheminot. Par ailleurs, le nombre de cheminots n’augmente pas, d’autant que de plus en plus d’entre eux travaillent comme contractuels, donc sans le statut. Il faut être lucide, nos marges de développement dans ce seul secteur sont nulles, les cheminots en ont conscience.

La Mutuelle Familiale espère-t-elle la signature de conventions du même type avec d’autres mutuelles ?
J.-J. G. : C’est en effet un exemple que nous aimerions multiplier sur l’ensemble du territoire. Ce partenariat démontre que la Mutuelle Familiale a des solutions à apporter à des acteurs locaux qui veulent renforcer leur assise de proximité.
L. T. : Toutes les mutuelles qui partagent l’idée que nous avons intérêt à travailler ensemble plutôt qu’à nous concurrencer sont les bienvenues. La Mutuelle Familiale a pour ambition de contribuer aux réponses que les structures de taille plus modeste souhaitent construire. Nous voulons mutualiser ce que les uns et les autres savent faire de mieux au bénéfice de tous.

 

FICHE D’IDENTITé DE LA MCN

La Mcn a été créée en 1984 par des cheminots normands.Son siège social est situé à Caen, et elle possède une autre agence à Rouen. Elle couvre 5 départements : Manche, Calvados, Orne, Eure et Seine-Maritime. Elle compte 6 000 adhérents (75 % sont cheminots), soit un peu plus de 10 000 personnes protégées. La Mcn emploie 7 salariés. Elle devrait fusionner avant la fin de l’année avec la Mutuelle des cheminots picards.