En 2013, un Français sur quatre de plus de 18 ans se trouve dans une situation le rendant potentiellement exposé, en cas de rupture, à l’isolement social. 5 millions de personnes de plus de 18 ans sont effectivement seules, soit 12 % des personnes, plaçant la France parmi les trois pays d’Europe les plus touchés par l’isolement relationnel.

Ce sont les chiffres très parlants du rapport remis ce vendredi à la ministre déléguée chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay, par Jean-François Serres, secrétaire général des petits frères des pauvres, et qui fait la synthèse d’un groupe de travail travaillant sur le sujet depuis décembre 2012.

Cette précarité relationnelle est fortement ressentie. Deux tiers des Français considèrent que l’isolement et la solitude se sont aggravés et 7 Français sur 10 reprochent à la puissance publique de ne pas être suffisamment mobilisée sur cette question et considèrent que seules les associations et fondations sont mobilisées contre l’isolement. Pour les Français,ce qui contribue à améliorer la cohésion sociale est autant de l’ordre de l’engagement des citoyens que de la solidarité nationale. La population des personnes en situation d’isolement relationnel est composée pour un quart (23%) de personnes âgées de plus de 75 ans, soit environ 1,2 millionde personnes.

“La part de personnes âgées isolées augmente de façon aigüe”, selon le rapport. Or “lutter contre la solitude, c’est aussi prévenir l’exclusion, la pauvreté et la perte d’autonomie”, souligne-t-il.

Le rapport préconise la constitution d’équipes citoyennes MONALISA (mobilisation nationale contre l’isolement social des âgés), composées de citoyens bénévoles s’associant pour agir ensemble contre la solitude et l’isolement social des personnes âgées dans leur quartier, ville ou village. Seraient également parties prenantes les associations de jeunesse et d’éducation populaire ou l’Agence nationale du service civique, car la lutte contre l’isolement des personnes âgées vise à “recréer, au sein de notre société, des liens de réciprocité entre générations”, souligne le rapport. Enfin, promouvoir une « Charte MONALISA » pour favoriser les initiatives et sécuriser les partenariats. Créer une association MONALISA et un comité national au printemps 2014 pour animer la mobilisation dans la durée.

Remis à la ministre en présence de Brigitte Ayrault, l’épouse du Premier ministre, de Martin Hirsch, président de l’Agence du Service civique et François Chérèque, Inspecteur général des affaires sociales, le rapport prône aussi un “pilotage national dédié” et un équilibre en financements publics et privés.

Le début du programme serait activé en septembre 2013.

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