Mieux vivre avec ses acouphènes

Le 5  avril, la Mutuelle Familiale organise à son siège une conférence sur les acouphènes[fn]« Acouphènes et hyperacousie : quelles solutions ? », le 5  avril de 10 heures à 13 heures, à la Mutuelle Familiale, 52, rue d’Hauteville, 75010 Paris. Rens. par courriel à prevention@mutuelle-familiale.fr et par tél. au 01 55 33 40 18. [/fn], animée par le Dr Pascal Foeillet, médecin Orl et secrétaire général de l’association Journée nationale de l’audition. Les acouphènes et l’hyperacousie avaient d’ailleurs été choisis comme thème principal de cette journée de sensibilisation, le 13 mars dernier. « Entre 2 et 3 millions de personnes souffrent d’acouphènes, dont 400 000 à 500 000 de manière plus ou moins aiguë », explique le Dr Foeillet. Si les plus de 50 ans sont particulièrement touchés, car le vieillissement de l’oreille interne est une des principales causes d’acouphènes, les plus jeunes pourraient bien être également affectés par ce trouble en raison de l’omniprésence de la musique amplifiée.

Il existe deux types d’acouphènes : les acouphènes objectifs et les acouphènes subjectifs. Les premiers, très rares, sont liés à un bruit réel et mesurable provoqué par une anomalie de l’oreille interne. Mais les plus fréquents sont les acouphènes subjectifs. Il s’agit de la perception d’un son « dans l’oreille » ou « dans la tête » de manière continue ou intermittente sans qu’aucune source sonore soit identifiée dans l’environnement.

« L’oreille interne est le cœur du système auditif, explique le médecin, car c’est dans la cochlée que siègent les cellules sensorielles et les cellules cillées. Lorsque l’audition est altérée par l’âge ou par un traumatisme, la capacité à distinguer les fréquences diminue. Et c’est cette incapacité qui est généralement à l’origine des acouphènes. » Leurs perceptions et leurs conséquences peuvent aller de la simple gêne passagère à l’agression permanente, qui va altérer lourdement la qualité de vie : difficultés pour s’endormir, se concentrer, travailler, irritabilité, anxiété…

Les personnes qui soudain souffrent d’acouphènes craignent souvent que ce soit le symptôme d’une maladie grave : attaque, tumeur cérébrale, artère bouchée… « Les acouphènes suscitent un nombre impressionnant de rumeurs catastrophistes et d’informations erronées, qui amplifient le stress de celui qui en souffre et renforce sa perception de l’acouphène. »
Une visite chez un médecin Orl lèvera les craintes… à défaut de faire disparaître la gêne. Car aucun médicament, aucune molécule, ne permet de soigner les acouphènes. Toutefois, une prise en charge est possible. « La première approche consiste à traiter la perte d’audition s’il y a lieu et si c’est possible. Porter un appareil permet souvent de supprimer la perception de l’acouphène. Autre moyen : utiliser des masqueurs de bruits, sortes d’appareils auditifs spécifiques qui vont focaliser l’attention du cerveau sur autre chose que l’acouphène. »

Enfin, dans bien des cas, la solution consiste à apprendre à « faire avec » ses acouphènes pour finir par les oublier. Cela s’appelle le « processus d’habituation ». « L’audition est une fonction complexe, explique le Dr Foeillet. Le cortex auditif, dans le cerveau, reçoit en permanence des stimuli sans utilité, qu’il ignore. » L’habituation permet d’éduquer le cerveau pour qu’il ne tienne plus compte de ces sons « fantômes ». Processus qui peut durer quelques semaines ou plus d’une année. Une prise en charge souvent réalisée par une équipe pluridisciplinaire, qui peut inclure un Orl, un audioprothésiste, un psychothérapeute comportemental et cognitif, un sophrologue.

En attendant un traitement miracle, le meilleur remède est de tenter d’avoir une vie aussi normale que possible et de ne pas s’isoler. En fait, d’apprendre à bien s’entendre avec ses acouphènes…

 

Un réseau mutualiste à votre écoute
Lorsque la Mutuelle Familiale organise une action en matière d’audition, elle le fait en collaboration avec les centres Audition mutualiste de la Mutualité française (liste sur www.mutuelle-familiale.fr). Organisés en réseau, plus de 350 centres sont répartis sur tout le territoire et représentent 10 % du marché. Gérés par des groupements adhérant à la Mutualité française, ils sont ouverts à tous. Très attachés aux principes mutualistes de prévention, ces centres proposent des tests auditifs gratuits (sur rendez-vous) et des solutions adaptées à un prix maîtrisé. Car le coût d’un équipement auditif est souvent un frein
à son acquisition. Sur 6 millions de malentendants en France, 1,5 million sont appareillés, contre 2,5 à 3 millions qui devraient l’être. En cause, la mauvaise prise en charge des prothèses auditives par la Sécurité sociale. Dans le réseau mutualiste, celles-ci sont toutefois vendues en moyenne 12 % moins cher qu’ailleurs. Une bonne raison pour prêter l’oreille aux conseils de leurs experts…