Mieux gérer la violence des jeunes, grâce à l’expérience du Québec

Un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (Itep) accueille des enfants et des adolescents présentant, selon le texte officiel, « des difficultés psychologiques, dont l’expression — notamment l’intensité des troubles du comportement — perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages ».

Ces jeunes n’ont pas de déficience intellectuelle, mais ils souffrent de troubles psychosociaux générant de lourds problèmes relationnels. Ils sont orientés, par les maisons départementales du handicap, vers un Itep où ils sont demi-pensionnaires ou internes, à l’année ou périodiquement.

L’Itep de l’Audronnière, à Faverolles-sur-Cher (Loir-et-Cher), géré par l’Union mutualiste d’initiative santé (Umis), en charge d’établissements médico-sociaux, accueille 65 garçons et filles âgés de six à seize ans.

« Depuis quelques années, la plupart des centres font face à une augmentation des phénomènes de violence, qui se manifestent chez des enfants de plus en plus jeunes, explique le directeur, Stéphane Ragueneau. Ces situations risquent de compromettre l’équilibre de nos institutions, dont les équipes s’épuisent. Il est nécessaire de réfléchir à de nouvelles approches pour trouver des solutions durables, au bénéfice des jeunes, de leurs familles et du personnel. »

Comme il y a beaucoup à apprendre des expériences menées à l’étranger, les quatre Itep du département — l’Audronnière, le Logis (de l’association Aidaphi) à Saint-Bohaire, l’établissement public médico-social à Herbault et celui de Cercay (de l’association Pour l’enfance bien heureuse) à Nouan-le-Fuzelier — se sont rapprochés depuis 2009 de leurs homologues de l’institut universitaire Centre jeunesse de Québec.

Cet organisme public en charge de l’enfance en difficulté, et d’une mission de recherche, travaille sur cette problématique depuis une quinzaine d’années. Il a mis en œuvre des programmes d’accompagnement des familles, de gestion de la violence chez les jeunes, de formation et de soutien des équipes. Les échanges avec les établissements français sont pour lui une occasion de les redynamiser et les faire évoluer. « Les Québécois sont intéressés par le côté familial de nos établissements », précise Stéphane Ragueneau.

Cette collaboration, formalisée en décembre 2010 par un accord de partenariat, aboutit à la mise en œuvre aujourd’hui d’un projet dit d’action-recherche-formation.

Le pôle ressource et recherche de la région Centre, qui met en relation chercheurs, acteurs de terrain et organismes de formation, y est associé. « Il ne s’agit pas de transposer un modèle, mais de construire des savoirs et des actions, grâce à la mobilisation de tous, et notamment de l’ensemble des salariés des établissements — éducateurs, enseignants, psychologues et autres professionnels de la santé, mais aussi cuisiniers, chauffeurs, etc. —, car tous tiennent un rôle dans l’éducation des jeunes », explique le directeur de l’Audronnière.

Ce travail pour appréhender autrement les phénomènes de violence
est soutenu par l’agence régionale
de santé. Il intéresse tous les Itep et,
au-delà, l’ensemble des structures accueillant des jeunes en difficulté.