“Adapter une chambre sans en faire une annexe du service d’urgences, pouvoir être fier(e) de se mouvoir avec un déambulateur design”. Michèle Delaunay, Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des personnes âgées et de l’autonomie, en visite hier à Saint-Etienne à l’occasion de la Biennale du design (1), a voulu marquer les esprits par quelques phrases choc. Lors d’une table ronde consacrée au design au service de l’autonomie des personnes âgées, la ministre a notamment rappelé : « Notre génération veut anticiper le grand âge. Les personnes nées dans la période du baby-boom ont accompagné ou accompagnent encore, longuement, leurs parents. Ils veulent éviter pour eux certains écueils. Ils sont exigeants. » Une exigence qui se traduit notamment, pour la ministre déléguée aux personnes âgées, par un besoin de ne pas se sentir stigmatisées en prenant de l’âge, et de pouvoir bénéficier d’outils et accessoires facilitant la vie quotidienne, qui ne soient pas « moches ». Exit donc, prône-t-elle, les lits médicalisés lourds et non malléables. Et vivent la couleur, l’épure des lignes et l’usage pratique. Oui, mais à quel prix et pour quelles bourses ? Là, les réponses ministérielles sont à la fois vagues et assez orientées : « Il faut aussi porter l’âge avec panache et presqu’avec désir, dit-elle. Comme on peut désirer un beau vélo, si l‘on désire un déambulateur à roues, on peut mettre un peu plus cher que le tarif de remboursement et se l’offrir ou bien le recevoir en cadeau. » Autrement dit, le beau et pratique restera encore un luxe, pas vraiment accessible à tous. Ce déambulateur de choc existe pourtant. En prototype. Il a été conçu il y a quatre ans déjà par un designer d’origine stéphanoise, Joseph Mazoyer, directeur de Design Office (Lyon). « L’industrie autour du médical est tellement réglementée, a souligné le concepteur, qu’il y a aujourd’hui peu de place pour le créatif. » Michèle Delaunay a certifié qu’elle travaillait, pour le futur projet de loi sur l’accompagnement de l’autonomie, à l’allégement de ces règles. En attendant, chez D.O, on crée bénévolement et on essaie de convaincre ensuite. Le bureau d’étude a aussi mis au point un appareil IRM de substitution, pour les jeunes enfants. En forme de fusée, il est installé dans les services de pédiatrie de certains Chu –avec des financements d’entreprises mécènes- et sert à préparer les enfants avant le vrai examen, afin qu’ils ne bougent pas. Sinon, l’Irm n’est pas valable. Dans la région, les Chu de Clermont-Ferrand et de Lyon (pôles mère-enfant) sont ainsi équipés.

La biennale internationale du Design de Saint-Etienne se déroule jusqu’au 31 mars. A la Cité du design et dans différents lieux de la ville. Son thème : l’empathie. Lire aussi .