Médicaments : plus efficaces chez les hommes que chez les femmes

Un enquête publiée dans Science & Vie montre que les traitements soignent mieux les hommes que les femmes car ils sont surtout testés sur eux.

Les médicaments soignent mieux les hommes que les femmes. C’est ce que révèle une enquête publiée dans le mensuel Science & Vie du mois d’août.

Par exemple, l’organisme féminin élimine moins vite les somnifères et autres psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, etc.) que celui des garçons, il réagit à une demi-dose de vaccin contre la grippe alors qu’il faut une dose pour les hommes, l’aspirine prévient surtout l’infarctus chez eux tandis qu’il protège plutôt le cerveau et de l’AVC chez elles… Ce médicament « devrait donc être prescrit différemment selon le sexe et le type de pathologie encourue », indique le magazine.

Une différence de métabolisme

En cause, la différence de métabolisme entre les deux sexes. Celle-ci est démontrée dans de nombreuses études scientifiques. Mais si les traitements n’agissent pas de la même manière, leurs effets indésirables non plus.

Une étude menée en Allemagne sur 25 000 patientes montre que quel que soit le médicament, les femmes ont deux fois plus d’effets secondaires que les hommes.

Des tests cliniques surtout masculins

A cela une explication : exceptés pour les troubles exclusivement féminins qui touchent les ovaires, la ménopause…, les essais cliniques sur les animaux de laboratoire servant à évaluer les molécules sont exclusivement réalisés sur des rats mâles, « les femelles sont la plupart sous-représentées », pointe le mensuel car les scientifiques craignent que le cycle hormonal de ces dernières fassent varier leurs résultats.

C’est pareil pour la recherche ou quand les médicaments sont testés grandeur nature : la majorité des essais n’englobent que des hommes. Guère étonnant, dans ces conditions, qu’il y ait des répercussions sur les traitements.

Les maladies aussi sont sexistes

Même les maladies se manifestent différemment chez les uns et les autres. Ainsi, le cancer colorectal se situe davantage près du rectum chez les hommes et dans le côlon chez les femmes. A consommation de tabac équivalente et âge identique, elles sont plus souvent touchés par un cancer du poumon selon les travaux de l’International Early Lung Cancer Action Program Investigators.

L’infarctus sous diagnostiqué chez les femmes

On le sait aujourd’hui, les symptômes de la crise cardiaque sont également différents : douleur intense dans le bras gauche, au coeur, forte transpiration… pour les garçons, douleurs dans le cou, la mâchoire, nausées, vomissements… pour elles. Des signes encore souvent mis sur le compte du stress et mal diagnostiqués chez les femmes qui arrivent aux urgences de l’hôpital en moyenne 12,5 minutes après les hommes.