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Médicaments

Médicaments : en finir avec le lobbying des labos

En janvier dernier, un certain nombres d'élus, de médecins et d'associations lançaient l'opération Mains propres sur la santé, pour dénoncer la généralisation des conflits d'intérêts entre laboratoires, médecins et agences nationales de santé. Le collectif interpelle aujourd'hui la ministre de la Santé, Marisol Touraine, via une lettre ouverte. Pour les signataires, « il convient aujourd'hui de s'attaquer à la connivence entre les autorités de santé, leurs tutelles et les firmes pharmaceutiques, révélée par l'affaire Cahuzac et le scandale du Mediator, sans parler du bonus de bienvenue et la mirobolante rémunération du nouveau DG de Sanofi, laboratoire pourtant épinglé à moult reprises et encore récemment aux Etats-unis pour rémunération de médecins « agents doubles » pour la promotion de son lantus [médicament contre le diabète] ».

Pour Philippe Even, président de l'Institut Necker et signataire de la lettre, il existe en France de nombreux types de conflits d'intérêts entre les labos pharmaceutiques et les médecins, qui vont de la prise en charge des nuits d'hôtels et des avions pour participer aux congrès qu'ils organisent, jusqu'à celle de contrats d'orateurs dans ces mêmes congrès où les prestations peuvent être facturées entre 2000 et 10 000 euros. Mais c'est dans le domaine de la «consultance» que les rémunérations sont les plus importantes, entre 10 000 et 83 000 euros : « iI s'agit le plus souvent de mettre son nom à la fin d'un article “scientifique” vantant les mérites de tel ou tel médicament.»

Les Français, plus gros consommateurs de médicaments en Europe

Ce lobbying des labos pharmaceutiques entraîne une surprescription de la part des médecins et une surconsommation de la part des patient.

Les Français consomment 50 à 100 % de médicaments de plus que leurs voisins européens. En Italie, par exemple, le coût collectif des médicaments en ville et à l'hôpital s'élevait en 2013 à 18 milliards d'euros, contre 34 milliards en France, à population égale et pour les mêmes résultats sanitaires.

Selon les signataires, en luttant contre cette surconsommation et cette surfacturation au moyen d'une meilleure prescription et d'une réforme des modalités de fixation des prix, l'assurance-maladie (et les complémentaires) pourrait réaliser au moins 10 milliards d'euros d'économies, c'est-à-dire annuler son déficit chronique et ce, sans dommage pour la santé publique.

 

Ils sont à l'initiative de la lettre ouverte : Irène Frachon (pneumologue, lanceuse d'alerte du scandale du Mediator), Serge Rader (pharmacien lanceur d'alerte), Michèle Rivasi (députée européenne Eelv).

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