Davantage de victimes du Mediator seront-elles indemnisées ? C’est possible. La ministre de la Santé vient de proposer une évolution législative permettant un réexamen de certaines demandes par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

Un amendement a été déposé dans le cadre du projet de loi de finances rectificatives pour 2014, en cours de débat au Sénat.

Il prévoit que les experts de l’Oniam puissent revoir leur décision si des éléments nouveaux sont susceptibles de justifier une modification du précédent avis ou si, au regard de l’évolution des connaissances scientifiques, des dommages constatés peuvent être imputés au benfluorex (nom de la molécule) alors qu’ils ne pouvaient pas l’être à l’époque où la demande d’indemnisation a été rejetée.

« Il est nécessaire d’autoriser une révision des rejets prononcés par le collège d’experts sur la base de dossiers incomplets ou sur le fondement de connaissances scientifiques aujourd’hui dépassées afin de garantir un égal accès à cette procédure d’indemnisation, gratuite et plus rapide que la saisine des tribunaux », spécifie le communiqué du ministère de la Santé.

Commercialisé de 1976 à 2009 en France par les laboratoires Servier, le Mediator présenté comme antidiabétique mais surtout prescrit comme coupe-faim a été utilisé par environ 5 millions de personnes.

Suite aux révélations de la pneumologue Irène Frachon, on sait aujourd’hui qu’il a causé de graves lésions des valves cardiaques. Il pourrait entraîner la mort de 220 à 300 personnes à court terme et de 1 300 à 1 800 personnes à long terme, selon un rapport d’experts publié en 2013.

Au total, 8 519 victimes ont demandé réparation à l’Oniam de leur préjudice, pour l’heure, seules un peu plus de 620 ont reçu un avis positif.

Pour éviter le retentissement d’un grand procès du Mediator, en mai dernier, Olivier Laureau, le nouveau président du groupe Servier, avait déclaré qu’il « indemnisera tous les patients qui ont souffert » du Mediator dans le cadre des procédures de l’Oniam. On en est encore loin.