Selon le Télégramme (11/01/2011), l’Agence européenne du médicament (EMA) – informée par une étude italienne de 1999 sur le benfluorex (principe actif du Mediator) que les patients soignés avec cette molécule étaient «  exposés à un effet potentiellement toxique » –, a demandé en 2001 aux laboratoires Servier de vérifier « l’efficacité et l’innocuité du benfluorex ».

Le Télégramme cite notamment deux experts de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). L’un d’entre eux estime que si cette étude avait été réalisée, « elle aurait sûrement permis de mettre en évidence, d’une part, la faible efficacité du produit et, d’autre part, les risques cardiovasculaires puisqu’un volet échocardiographique était annexé à ce protocole ».

Le quotidien régional écrit, citant un autre expert de la commission de pharmacovigilance de l’Afssaps que « le maintien du Mediator sur le marché français jusqu’en 2009 est « lié à l’existence d’un réseau parallèle qui édulcorait les informations dérangeantes pour le laboratoire français ». »

On ne sait pas si l’enquête a effectivement été réalisée, écrit le quotidien qui précise que les laboratoires Servier ont donné leur accord pour cette étude et qu’un protocole a été envoyé à l’Afssaps. Mais la commission de pharmacovigilance de l’agence n’en a pas été informée.

Le Télégramme indique enfin que l’Afssaps a refusé de répondre à ses interrogations car l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) enquête, tout comme les laboratoires Servier et tout comme l’Agence européenne du médicament.

Qui a protégé le Mediator? S’interroge le Télégramme. Réponse, peut-être, le 15 janvier avec le rapport de l’IGAS…