Accroissement du nombre de consultations médicales, retards de recours aux soins qui augmentent, cumul des difficultés rencontrées chez les personnes qui consultent dans les 20 centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) de Médecins du Monde : le bilan que dresse l’Observatoire 2013 de l’accès aux soins en France est inquiétant. Il dessine un des visages de la précarité et de l’exclusion et nous révèle à quel point la misère et les inégalités territoriales et sociales de santé continuent de s’aggraver.
Selon les chiffres de 2012, 98,2 % des personnes reçues en consultation vivent sous le seuil de pauvreté et seules 12,3 % des personnes majeures ont des droits effectivement ouverts à une couverture maladie, qu’elles soient françaises ou étrangères, en situation régulière ou non.
Ces populations vulnérables sont largement ignorées par les statistiques officielles françaises de santé publique. à force de retard de recours aux soins et parfois plus tragiquement de renoncement aux soins, elles sont 75 % à nécessiter une prise en charge à l’issue des consultations.

MDM constate que les patients français sont de plus en plus nombreux à renoncer à se soigner : ils étaient 14 % en 2011, ils sont désormais 26 %, en raison notamment de l’absence de complémentaire santé ainsi que de la baisse constante des remboursements d’assurance maladie.

Plus inquiétant encore, le nombre de mineurs venant consulter dans les Caso : il a augmenté de 69 % en cinq ans, alors même que la loi leur garantit en principe un accès inconditionnel au système de soins, quel que soit leur statut administratif.
La crise économique frappe en priorité les catégories les plus précaires. Pourtant, les
dispositifs mis en place par l’état pour leur garantir un accès aux soins et aux droits
fondamentaux s’avèrent toujours insuffisants.
Pour Médecins du Monde, si le plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale annoncé par le gouvernement en janvier 2013 prévoit des mesures importantes pour réduire les inégalités d’accès aux soins et prévenir les ruptures de parcours, venir en aide et accompagner vers l’insertion et enfin coordonner l’action sociale. Si certaines mesures ont déjà été adoptées, telles que le relèvement du seuil d’attribution de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C), les militants de l’association entendent rester vigilant sur la réalisation de l’ensemble des engagements et notamment :

• l’augmentation des places en hébergement d’urgence et en centre d’accueil pour les demandeurs d’asile.
• l’augmentation du nombre de Permanence d’accès aux soins de santé (Pass), l’amélioration de leur effectivité et le développement de la médiation sanitaire et sociale,
• la simplification de la procédure de domiciliation, critère nécessaire pour l’octroi d’une couverture maladie.