Changement de partition sur le site Internet des assurances Thelem. Après le jeu de mots offensant de ses affiches publicitaires (« Pourquoi payer comme un malade quand je ne suis pas malade ? »), Thelem nous assure benoîtement que « nous ne sommes pas tous égaux face à la santé, mais chez Thelem assurances tout le monde a le droit d’être bien protégé au meilleur prix ».

Pour vendre son offre (remboursement de 50 % de la cotisation si on n’a pas été malade pendant un an), la compagnie d’assurances utilise plus habilement l’argumentation comptable, et invite à réduire le « budget santé jusqu’à 50 % », grâce à des « options innovantes qui s’adressent en priorité aux assurés qui ont peu de dépenses de santé ».

C’est la mobilisation du collectif des Malades solidaires* et de la Mutuelle familiale du Loiret qui a obligé Thelem à abandonner sa campagne. Dès septembre, un rassemblement avait eu lieu devant l’agence d’Orléans sur la vitrine de laquelle s’étalaient les affiches discriminatoires. Les manifestants avaient déversé devant l’agence des boîtes de médicaments vides et agrémenté les affiches de phrases bien senties : « Vous voulez être traité comme une bagnole ? », signé « www.votre.santé. ne. m’interesse. pas. votre. fric. oui. fr »

Le collectif reste vigilant

Les responsables de l’agence avaient tenté de convaincre les manifestants que cette campagne n’était pas discriminatoire et qu’elle allait perdurer. Le comité décidait alors d’en référer à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, la Halde.

La presse, dont Viva, rendait compte de ces initiatives, une publicité dont Thelem se serait passée.

D’autant que, le 16 novembre, c’est devant le siège social de la compagnie à Chécy, près d’Orléans, que les manifestants s’étaient donné rendez-vous. Les affiches revues et corrigées par le collectif ont été apposées sur les grilles qui entourent le siège. Mal à l’aise, le directeur général a reçu les manifestants. Il a plaidé la « maladresse » et présenté ses excuses « si le slogan a blessé les malades ».

Il a aussi indiqué que la campagne incriminée avait pris fin, que les affiches avaient été retirées du site Internet. Il a été plus évasif concernant leur présence dans les agences, mais le collectif reste vigilant.