En France, près de 5% de la population adulte, soit trois millions de personnes, souffrent d’une maladie rénale. A l’occasion de la Journée mondiale, le 21 mars, le Pr. Michel Godin, président de la Fondation du Rein revient sur la nécessité de dépister ces pathologies pas toujours très bien connues du grand public.

Le thème de la journée mondiale du rein est « Stop aux agressions rénales ». Quelles sont-elles ?

Certains produits chimiques et les métaux lourds peuvent être toxiques pour le rein (le cadmium, le plomb, le mercure, les solvants organiques), mais aussi certains médicaments dont particulièrement les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, les produits de contraste iodés, certains antibiotiques et des molécules utilisées en chimiothérapie. Certaines plantes aussi, utilisées en phytothérapie comme les herbes chinoises peuvent altérer les fonctions rénales. Les maladies rénales peuvent être d’origine génétique (la polykystose rénale), être liées à une infection ou à un dérèglement spontané du système immunitaire. Les maladies qui touchent les vaisseaux sanguins comme l’hypertension artérielle et le diabète peuvent aussi endommager les reins. Par ailleurs il faut savoir que les reins fonctionnent moins bien avec l’âge. A partir de 60 ans, on perd 10% de fonction rénale tous les 10 ans.

Comment dépister une maladie rénale ?

Les maladies rénales passent longtemps inaperçues car elles ne présentent pas de symptômes, mis à part parfois l’apparition d’oedèmes, de sang dans les urines ou une hypertension artérielle. La Haute autorité de santé (HAS) recommande de procéder une fois par an à un dépistage systématique de maladies rénales chroniques par un dosage de la créatinine dans le sang et la recherche d’albumine dans les urines, chez les personnes de plus de 60 ans, chez celles qui souffrent d’une maladie vasculaire ou présentent des facteurs de risques vasculaires (les hypertendus, les personnes obèses, les diabétiques), chez les individus qui ont une maladie auto-immune (lipus, polyarthrite rhumatoïde,…), des antécédents familiaux de maladies rénales, qui sont exposés à des toxiques professionnels ou ceux qui ont reçu des traitements médicamenteux au long cours.

 

Deux filtres indispensables

Les reins servent à filtrer le sang en éliminant les déchets de l’organisme et les toxines. Ils permettent à l’organisme de maintenir la quantité d’eau qui lui est nécessaire. Et assurent un maintien à un niveau constant des minéraux (sodium, potassium), les excédants étant éliminés dans les urines. Enfin, les reins produisent la rénine, une enzyme indispensable à la régulation de la tension artérielle, la fameuse EPO (l’érythropoïétine) qui agit sur la moelle osseuse pour produire des globules rouges en quantité suffisante afin de véhiculer l’oxygène dans l’organisme et le calcitriol, la forme active de la vitamine D.