Lyon – Réseau Souffrance et travail : aider les salariés en difficulté

Le réseau Souffrance et travail, créé par les Mutuelles de France, propose aux salariés en difficulté un lieu neutre où réfléchir à leurs problèmes.

Prendre en charge, le plus tôt possible, des salariés en souffrance. Eviter que ne surviennent chez eux la dépression ou, pire, le suicide. Dans le réseau régional d’accueil et de prévention, créé en 2006 par les Mutuelles de France, se croisent trois médecins du travail, un psychodynamicien du travail, un psychologue et un juriste. “Notre mission est d’aider les salariés en souffrance à reprendre le cours de leur vie. La personne qui s’adresse au réseau cherche un soutien extérieur. Il peut partager son vécu, en toute confidentialité, dans l’anonymat le plus total”, explique le Dr Alain Grossetête, médecin du travail au réseau Souffrance et travail.

Contre une adhésion à la mutuelle de 20 euros par an, les salariés ont droit à quatre consultations. Ils peuvent s’exprimer en toute liberté, dans un lieu neutre, qui ne dépend ni d’une entreprise, ni d’une institution. La consultation n’a aucune limite de temps. “Très peu de lieux proposent de recevoir des salariés et de leur offrir une consultation sur un temps long”, constate Alain Grossetête, qui déplore un système traditionnel où les médecins du travail “n’ont pas le temps clinique d’écouter suffisamment les patients”.

 

Un lieu d’écoute

La plupart des salariés faisant appel au réseau viennent sur les conseils de leur médecin généraliste ou de leur assistante sociale. Les autres viennent de leur propre initiative. La plupart souffrent d’insomnies, de compulsions, de troubles psychosomatiques.

Parfois, il s’agit de cas graves, des cas de harcèlement ou de violences au travail – le médecin du travail adresse alors la personne au juriste du réseau. Mais souvent, il s’agit de malentendus, de désaccords, d’un conflit. Et le Dr Grossetête de citer cet homme, venu effondré, après la réception d’une lettre recommandée lui reprochant un travail insuffisant. “Le salarié a le sentiment d’être harcelé par son chef, à cause du manque de communication. Aujourd’hui, la hiérarchie ne sait plus communiquer”, note médecin du travail. Compétitivité, course à la performance : la pression est sans cesse plus lourde sur les épaules du salarié.

Depuis 2006, le réseau a reçu 1500 salariés. A peu près 215 personnes par an. “Si la personne n’est pas écoutée à temps, cela peut mener à la dépression”, ajoute Alain Grossetête, qui constate une “montée des atteintes psychiques”. Lors de ses consultations, par une “écoute active”, il analyse la situation et le ressenti de la personne. Et laisse le salarié analyser lui-même son problème, “pour mieux se comprendre et sortir de l’état de victime”.

A l’issue du premier entretien, le salarié peut être orienté vers une consultation de psychopathologie du travail. Mais le plus souvent, “en se penchant sur ce qui s’est passé, sur sa propre histoire au travail et sur ce qui explique sa souffrance, il peut s’en tirer de lui-même.”