Le Collectif Europe et Médicament (qui regroupe plusieurs organismes dont la revue médicale Prescrire) s’inquiète. En effet, selon le décret d’application de l’article 32 de la loi relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé du 29 décembre 2011, les logiciels qui aident les pharmaciens à conseiller ou à délivrer un médicament ou un dispositif médical aux patients pourront comporter de la publicité « à caractère informatif et de conseil ».

Or, ces publicités sont interdites pour les logiciels d’aide à la prescription pour les médecins. « Il ne peut qu’en être de même pour les logiciels d’aide à la dispensation pour assurer une cohérence entre professionnels de santé et la qualité des soins », souligne le Collectif.

Surtout, ces dernières années, différents rapports officiels (Igas, etc.) ont reconnu les conséquences néfastes sur la santé publique des liens d’intérêt entre les firmes pharmaceutiques et les professionnels de santé. Cet impact a été notamment mis en lumière avec l’affaire du Mediator.

La publicité aide à vendre pas à soigner

« Un message promotionnel, dont la finalité est d’augmenter le volume des ventes ne peut avoir comme finalité l’information et le conseil de professionnels de santé, rappelle le Collectif. Le pharmacien d’officine doit pouvoir forger son opinion sur des informations indépendantes, fiables, comparatives, documentées, et ainsi répondre à sa mission de santé publique. »

Autre problème : ces publicités pourraient inciter à proposer des produits qui viendront se rajouter à ceux prescrits par le médecin et qui pourraient entraîner des risques iatrogènes.

« Alors que les effets indésirables sont à l’origine de 5 % des hospitalisations et qu’ils sont la 5e cause de décès en milieu hospitalier, il nous paraît dangereux d’encourager ces pratiques », pointe le Collectif Europe et Médicament, qui a envoyé une lettre ouverte à la ministre de la Santé, à l’Ordre des pharmaciens, à la Haute Autorité de santé, etc. pour que cette disposition soit supprimée.