A l’issue d’une réunion organisée le 4 novembre entre la ministre de la Santé, le ministre de l’Agriculture et le Conseil supérieur de l’ordre des vétérinaires et les organisations syndicales de la profession, les vétérinaires se sont engagés à lutter contre l’antibiorésistance.

L’objectif ? Réduire le recours aux antibiotiques dits « critiques », comme les céphalosporines et les fluroquinolones qui servent à soigner les infections graves chez les hommes, et dont la consommation a explosé dans certaines filières.

Un groupe de travail se réunira pour étudier les modalités de mise en œuvre de cet engagement et devrait couper court à la grève à laquelle les vétérinaires avaient appelée le 6 novembre pour protester contre un article du projet de loi de modernisation de l’agriculture, suggérant de leur interdire la vente d’antibiotiques.

Le problème est crucial : environ 25 000 personnes meurent chaque année en Europe d’une infection liée à l’une des cinq bactéries résistantes aux antibiotiques les plus fréquentes et de nouvelles résistances apparaissent régulièrement au point que pour, certains spécialistes, il pourrait être bientôt difficile de traiter efficacement certaines pathologies courantes.

En cause, la trop grande prescription d’antibiotiques en médecine humaine (la France est la championne au niveau européen) mais aussi animale : plus de la moitié des antibiotiques consommés dans le monde sont donnés aux animaux pour prévenir les épidémies dans les élevages industriels. A eux seuls, les porcs en ingurgitent 57%.

La France n’échappe pas au phénomène. Pire : il s’y ajoute un véritable conflit d’intérêt puisque les vétérinaires sont à la fois prescripteurs et vendeurs de médicaments. Selon Gilbert Mouthon, ancien professeur à l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort, « Ils font la moitié de leur chiffre d’affaire sur les antibiotiques ».

Des voix s’étaient donc élevées pour que les antibiotiques destinés aux animaux soient vendus en pharmacie comme pour n’importe quel patient. « Les vétérinaires sont formés pour soigner et conseiller, pas pour faire du commerce », souligne Gilbert Mouthon.

Un plan Ecoantibio prévoit de diminuer l’utilisation des antibiotiques de 25% dans les élevages d’ici à 2017.