Les vaccins obligatoires remis en question

Dans un récent avis, l’instance pointe des incohérences dans la politique vaccinale mise en place en France.

La politique vaccinale en France est devenue « illisible ». C’est ce que souligne, dans un avis, le Haut Conseil de santé publique (HCSP). L’instance sanitaire dénonce un dispositif public en matière de vaccination devenu « complexe, illisible et inégalitaire » et remet en cause le caractère obligatoire de certains vaccins.

Le calendrier vaccinal officiel a en effet été simplifié en avril 2013 mais il comporte encore trois vaccinations obligatoires pour les enfants (diphtérie, tétanos et poliomyélite). Onze vaccins sont seulement recommandés. Or le HCSP craint que le double régime « vaccinations obligatoires/vaccinations recommandées » soit source « d’incompréhension, tant pour les professionnels de santé que pour la population générale ».

Le HCSP note, par exemple, qu’il est aujourd’hui difficile de n’administrer que les vaccins obligatoires chez les jeunes enfants à l’aide des vaccins commercialisés. En effet, à l’heure actuelle, le vaccin diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP), dont le dosage était spécifiquement adapté aux nourrissons, n’est plus disponible. Dès lors, des vaccins tétravalents, pentavalents ou hexavalents sont associés aux vaccins obligatoires. Or les parents sont autorisés à refuser des vaccins seulement recommandés…

Les vaccins doivent être gratuits pour toutes les familles

De même, lorsque des vaccins ne sont que recommandés, ils ont tendance à être considérés comme moins importants. Or, certaines maladies pour lesquelles la vaccination est simplement « recommandée » constituent « un fardeau comparable voire plus important que celui des maladies pour lesquelles la vaccination est obligatoire », note le Haut Conseil.

Celui-ci prend ainsi pour exemple l’hépatite B et les infections à papillomavirus humains (HPV), respectivement responsables chaque année, en France, d’environ 1 300 décès par cirrhose ou cancer du foie pour le premier et, pour le second, de 1 000 décès par cancer du col de l’utérus. Pour le HCSP, « le maintien ou non du principe de l’obligation vaccinale en population générale relève d’un choix sociétal, [qui] mérite un débat que les autorités de santé se doivent d’organiser ».

Le Haut Conseil pour la sécurité publique plaide pour la gratuité complète pour l’ensemble des vaccins inscrits au calendrier afin de permettre à l’ensemble des populations concernées d’y accéder. Les experts en santé publique demandent aussi d’élargir les lieux où sont pratiqués les vaccinations aux écoles, entreprises ou maisons de retraite.