Les Français ne se rendent pas aux urgences parce qu’il y a urgence mais parce qu’ils les jugent plus efficaces et plus disponibles que les médecins de ville et, en particulier, pour un Français sur quatre, parce qu’il n’y a pas à faire d’avance de frais. C’est l’un des enseignements du dernier Baromètre de la Fédération hospitalière de France (Fhf) réalisé par la Sofres.

La première raison du choix des urgences est « la garantie d’être hospitalisé en urgence si nécessaire » (76 % des sondés). La deuxième (59 %) parce que c’est « plus pratique, car les examens complémentaires (radio, analyse) sont réalisés immédiatement ». Enfin (43 %), parce qu’ils ne savent « pas où trouver un médecin de garde en ville la nuit et le week-end ».

Résultat : des services hospitaliers engorgés, des brancards dans les couloirs et des personnels débordés. Et si Marisol Touraine a annoncé la création d’investissement dans 150 établissements pratiquant les urgences, la situation reste tendue. En témoignent les démissions et les grèves qui se sont multipliées dans les services d’urgences en 2012. Les Maisons médicales de garde pourraient présenter une alternative en accueillant en amont les patients ne nécessitant pas une hospitalisation en urgence. Une idée d’ailleurs plébiscitée par les sondés, dont 81 % seraient d’accord pour passer d’abord par ces structures, pour les cas les plus légers. Le président de la Fhf, Frédéric Valletoux, va plus loin en déclarant au quotidien Libération que, pour lutter contre les déserts médicaux, « il faut remettre en cause le sacro-saint principe de libre installation des médecins et développer le tiers payant auprès des généralistes ».