Plusieurs études montrent qu’une femme enceinte atteinte d’un cancer peut suivre une chimiothérapie et une radiothérapie sans risque pour l’enfant.

Une chimiothérapie et une radiothérapie suivies par une femme atteinte d’un cancer lors de sa grossesse n’ont aucune incidence sur le développement cardiaque et cérébral de l’enfant à naître, lorsque ces traitements sont administrés après le premier trimestre de la grossesse. C’est la conclusion de plusieurs études internationales dévoilées par des chercheurs belges et présentées le 28 septembre au Congrès de la Société européenne d’oncologie (ESMO) qui s’est tenu à Madrid.

Dans l’une des études conduites par le Dr Frédéric Amant, de l’université catholique de Louvain en Belgique, 38 enfants exposés avant leur naissance à la chimiothérapie ont vu leur développement mental et leur santé cardiaque comparés à celles de 38 enfants dont les mères n’avaient pas subi de chimiothérapie pendant leur grossesse.

Résultats : le développement mental des 76 enfants était normal à l’âge de deux ans. Les dimensions et les fonctions cardiaques étaient également normales pour les deux groupes d’enfants.

Pas besoin de mettre fin à une grossesse ou de retarder les traitements

Une seconde étude, conduite par la même équipe, s’est attachée à comprendre l’impact de la radiothérapie sur le développement de l’embryon. Parmi les 16 enfants et les 10 adultes étudiés, dont la mère avait reçu une radiothérapie pendant sa grossesse, l’étude montre que les résultats neuropsychologiques, le comportement et la santé en général sont normaux. Seul un enfant parmi les 16 souffrait d’un retard mental sévère, mais d’autres facteurs pourraient en être la cause.

Pour le Dr. Amant, « les craintes quant aux risques de la chimiothérapie ne devraient pas être une raison de mettre fin à une grossesse, de retarder le traitement du cancer de la mère, ou de provoquer un accouchement prématuré. » Il espère ainsi que ces nouveaux résultats vont convaincre les médecins de favoriser la meilleure qualité de soins auprès des futures mères, sans craindre de faire courir des risques au futur bébé.