Le sujet crée la polémique depuis plusieurs mois, en particulier chez les pharmaciens, résolument hostiles à cette mesure. L’Assemblée nationale ne les a pas suivi et a voté lundi, dans le cadre du projet de loi sur la consommation, l’autorisation de la vente des tests de grossesse dans les grandes surfaces, malgré l’opposition de l’UMP, de l’UDI, des radicaux de gaude et du Front de gauche. 

Benoît Hamon, ministre chargé de la Consommation, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, tout comme le Planning familial, étaient favorables à cet amendement proposant que les pharmaciens n’aient plus le monopole de la vente des tests de grossesse. Les deux ministres estimaient que cette mesure pourrait faire baisser significativement le prix de ces tests et permettrait, en particulier en cas de volonté  de recourir à une Ivg, d’agir plus précocement, en particulier chez les adolescents, en raison du caractère anonyme de la démarche.

«Dans beaucoup de cas, on a besoin de l’anonymat pour avoir accès» à ces tests de grossesse, a déclaré le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon.

Une position qui suscite la colère des syndicats de pharmaciens qui insistent sur la mission de conseil, d’écoute et d’accompagnement des praticiens. Le marché des tests de grossesse est de l’ordre de 37 millions d’euros.