« Nos 16 organisations [fn]Le collectif regroupe les plus grandes associations de services à domicile parmi lesquelles la Mutualité française, l’Uniopss, l’association des paralysés de France, l’ADMR, la Croix rouge française….[/fn] sont réunies pour témoigner au gouvernement notre exaspération.
Depuis 18 mois nous l’interpellons sur la grave crise que traverse le secteur des services à domicile. Il ne nous entend pas ».

André Flageul, Président de l’UNA, organisme numéro 1 des services à domicile, ne décolère pas. Depuis deux ans, le secteur des aides à la personne à but non lucratif (associations, centres communaux d’action sociale, mutuelles) vit une crise sans précédent. 20 000 salariés (auxiliaires de vie, aides ménagères…) auraient été licenciés… De nombreuses structures, souvent de taille importante (entre 500 et 1200 salariés) ont fermé en 2009 et 2010. 350 structures sont aujourd’hui encore en grandes difficultés. Et derrière elles, ce sont des milliers de personnes âgées ou handicapées qui pourraient se retrouver privés de soins et d’assistance.

Comment en est on arrivé là ?

Par leur mission d’intérêt général, les associations d’aide à domicile sont financés majoritairement par les conseils généraux (à 80 % pour les personnes âgées et handicapées) et les caisses d’allocations familiales. Les tensions budgétaires liées à l’augmentation des dépenses sociales des départements (notamment l’allocation personnalisée d’autonomie et la protection de l’enfance) non compensée par de nouvelles recettes ont amené les conseils généraux à ne plus pouvoir financer le coût réel des interventions.

Ainsi, seules 6 structures de soins à domicile sur 21 en France, appartenant à l’Association des Paralysés de France, équilibrent leurs comptes. «quant le coût d’une intervention vous revient à 20 euros et vous en rapporte 18, il y a vite un problème, dénonce Pascal Champvert, Président de l’association des directeurs d’établissements d’hébergement pour personnes âgées (ADEHPA). Reste alors 3 solutions : le dépôt de bilan, la baisse de la qualité avec du personnel moins formé et sous payé, ou faire payer plus la personne âgée». Ces difficultés mettent en lumière un système de financement devenu obsolète, des besoins grandissants, la contraction des budgets publics et les difficultés des bénéficiaires à payer le reste à charge.

Le collectif demande la mise en place d’un fonds d’urgence de 100 millions d’euros afin d’aider les structures les plus en difficulté à reconstituer leur trésorerie. L’argent existe, puisque 300 millions d’euros de la CNSA, Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie n’ont été dépensé en 2010. Roselyne Bachelot, elle, a annoncé en Conférence de presse de rentrée, la somme de 50 millions d’euros. Le collectif craint que l’on renvoie des mesures concrètes « aux calendes grecques » ou au « grand soir » du dossier dépendance qui ne devrait pas aboutir avant l’automne ou pire après les prochaines élections.

dessins, crédit gendrot