Les salariés malades gagnent moins que les bien portants

A partir des données de l’Enquête santé et protection sociale (Esps), l’Irdes a évalué le niveau de discrimination salariale selon l’état de santé en France en 2010.

Les résultats sont inquiétants : les Français se percevant en mauvaise santé reçoivent en moyenne un salaire horaire inférieur de 13,8 % à celui de ceux se déclarant en bonne santé. En revanche, des écarts plus faibles sont constatés pour les individus souffrant d’une Ald (Cancer et diabète) et de limitations d’activités, respectivement de 6 % et 1,2 %.

Pour les auteurs de l’étude, « les différences de salaire estimées entre les individus en bonne et en mauvaise santé peuvent être décomposées en une “ part expliquée ” résultant des caractéristiques des individus et de l’emploi qu’ils occupent et une “ part inexpliquée ” reflétant le niveau de discrimination salariale subi par les individus ayant un état de santé dégradé. » 

La  « part inexpliquée », attribuable à une discrimination, s’élève à 65 % de l’écart de salaire selon l’état de santé perçu, contre 51 % pour les limitations d’activités et les Ald.

Des inégalités existent aussi en fonction du sexe. « Les femmes subissent davantage de discrimination salariale que les hommes, leur niveau de discrimination s’élevant à 82 % de l’écart de salaire, contre 48 % pour les hommes. »