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Les réactions des associations au Plan pauvreté

Les réactions des associations au Plan pauvreté, annoncé le 13 septembre par le gouvernement.

Le Plan pauvreté, qui devait être annoncé en juillet dernier, a finalement été reporté à la rentrée. Cette décision avait été, à l'époque, vivement critiquée par les acteurs sociaux. Autant dire que l'on attendait le discours du président Emmanuel Macron jeudi 13 septembre lors du lancement de sa « Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté ». Les propositions du plan amorcent-elles un vrai virage social ? La réaction de ceux qui œuvrent tous les jours aux côtés des plus démunis.

Accueil nuancé de la part des associations

D'après le dernier baromètre du Secours populaire français (Spf), un Français sur cinq a du mal à se nourir quotidiennement et, selon l'Insee, 14,2 % des Français vivent sous le seuil de pauvreté, 1 contre 13,2 % en 2008. Le sujet est donc très sensible pour les associations confrontées tous les jours aux plus démunis. Le président a-t-il pris conscience du fléau que représente la pauvreté en France ?

La Fondation Abbé-Pierre, Emmaüs France, le Secours populaire ou encore les Restos du cœur ont apprécié le ton plus respectueux du discours du président et la mise en place de mesures comme les repas à 1 euro dans les cantines ou les petits déjeuners dans les écoles de secteurs défavorisés. Mais ces associations pointent des manquements notamment sur la revalorisation des prestations sociales qui n'ont pas obtenu de « coup de pouce ». Comme le souligne l'Armée du Salut, c'est « un plan dont les effets vont prendre du temps pour se faire sentir. Or, les plus pauvres n'ont pas ce temps. Nous avons donc une vraie inquiétude en ce qui concerne la situation concrète de ceux dont la vie a déjà basculé ».

De son côté, la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars) remarque que « globalement, ce plan semble montrer un recentrage social du quinquennat après une première année avec des mesures défavorables pour les plus pauvres. Toutefois, il s'adresse en grande partie aux personnes qui travaillent. [...] Derrière ce choix politique qui consiste à aider uniquement ceux qui travaillent, il y a un message subliminal qui est que ceux qui ne travaillent pas sont responsables de leur non-emploi ».

Quid des personnes âgées, de l'aide au logement…

Si le plan vise le retour à l'emploi et la petite enfance, l'association Les Petits frères des Pauvres regrette qu'il « exclue les personnes âgées » et précise que « cette stratégie ne comporte aucune mesure de lutte contre l'isolement alors que la pauvreté et la perte d'autonomie renforcent l'isolement et la solitude ». Pas un mot non plus sur l'aide au logement. « Rien de neuf sur le logement. Pas un mot sur les Apl, ni un soutien à la loi Elan qui met en place des mesures anti-pauvres, rien pour protéger les victimes des marchands de sommeil ou loger les sans-abri et habitants de bidonville, [la] gentrification des quartiers populaires Hlm se poursuit... Macron a oublié de loger les mal-logés », selon l'association Droit au logement.

Quant à l'Union nationale d'associations sanitaires et sociales (Uniopss), elle déplore que « les mesures annoncées demeurent insuffisantes pour corriger les effets néfastes des choix politiques antérieurs [...] : baisse drastique des contrats aidés, diminution des Apl, fragilisation des bailleurs sociaux, augmentation de la Csg, annonces sur la non-indexation de certains minima sociaux alors que l'inflation accélère ».

  • 1. établi à 1 026 euros par mois pour une personne seule.

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