En 2014, l’ouvrage En finir avec les idées fausses sur les pauvres publié par Atd Quart-Monde et 40 associations de solidarité avait connu un grand succès. Plus de 36 000 exemplaires s’étaient vendus. Sur une thématique aussi ardue, ces scores représentent une vraie success story, estime l’association, qui décide de publier une édition 2015 revue et augmentée. Il s’agit de tordre le cou à 104 idées reçues, parmi lesquelles « la protection sociale creuse la dette publique »,  « les citoyens payent trop d’impôts »,  « les pauvres sont de mauvais payeurs » ou encore « les migrants viennent profiter de notre système de santé ».

Le livre s’appuie sur des sources institutionnelles (Insee, impôts, Cpam…)

Dans le même temps, Atd Quart-Monde publie une enquête sur la diffusion de ces idées fausses dans la société. On y apprend que 97 % des Français ont au moins un préjugé sur les pauvres et la pauvreté. Ainsi, 7 français sur 10 pensent qu’il est facile d’obtenir des aides, alors même que le pourcentage de personnes qui ne demandent pas les aides auxquelles elles ont droit ( de 29 à 70 % de non recours selon les droits) conduit pourtant à penser le contraire.

65 % des Français pensent également que la lutte contre la pauvreté coûte cher aux classes moyennes. Pourtant, les classes moyennes inférieures (dont le revenu est compris entre 1200 et 1600 euros par mois pour une personne) reçoivent, en retour des taxes, impôts et cotisations qu’ils paient (43 % de leurs revenus), l’équivalent en aides, assurance-maladie et retraite (42 %).

71 % des personnes interrogées estiment encore que les pauvres ne paient pas d’impôts, oubliant ainsi la principale taxe : la Tva.

Enfin, 63 % pensent que les minimas sociaux découragent les gens de travailler. Or plusieurs études ont montré qu’une majorité de personnes veulent travailler, même sans augmentation substantielle de leurs revenus.

Les Français ont cependant conscience de la dureté de la situation de ceux qui subissent la pauvreté.

61 % considérent qu’il existe une discrimination des personnes pauvres dans l’accès au logement.

60 % pensent que dans notre système scolaire, un enfant défavorisé n’a pas les mêmes chances de réussir que les autres.