Un rapport de l’Insee dresse un état des lieux des pharmacies en France. Même si elles sont moins nombreuses, leur activité demeure prospère, en particulier en ce qui concerne la parapharmacie.

 

Un rapport de l’Insee dresse un état des lieux des pharmacies en France. On y apprend qu’en 2012, près de 24 000 pharmacies sont implantées en France. Elles ont réalisé un chiffre d’affaires de 38 milliards d’euros, soit 53 % de plus qu’en 2000 en valeur même si au cours des dernières années la croissance en valeur du commerce de détail de produits pharmaceutiques, traditionnellement dynamique, s’est émoussée, en lien avec la baisse des prix des médicaments remboursables. Néanmoins, le taux de marge commerciale est reparti à la hausse depuis 2006 et atteint 27,5 % en 2012. En 2012, la moitié des officines a dégagé un chiffre d’affaires inférieur à 1,4 million d’euros, une sur dix a réalisé moins de 560 000 euros et une sur dix plus de 2,7 millions d’euros ; ces dernières concentrent un quart du chiffre d’affaires total du secteur.

La parapharmacie décolle

En 2012, les médicaments remboursables composent toujours l’essentiel du chiffre d’affaires des pharmacies, mais leur poids diminue au profit des spécialités non remboursables, dont l’indice des prix progresse fortement sur la période 2000-2012. Tout en restant très largement minoritaire, la parapharmacie décolle. Depuis 2006, ce secteur s’est beaucoup développé dans les pharmacies, atteignant 6 % du chiffre d’affaires en 2012, en particulier grâce à la branche « hygiène et beauté ». En 2012, les pharmacies détiennent 11 % du marché « hygiène et beauté », contre 6 % en 2006. Ce marché reste largement dominé par les grandes surfaces (54 % contre 58 % en 2006) et les parfumeries (23 % contre 25 % en 2006). Néanmoins, fortes de leur capacité de conseil, les pharmacies ont su développer leur offre, notamment en ce qui concerne l’hygiène dédiée à la petite enfance. Elles ont également renforcé leur commercialisation de produits diététiques ; pour ces derniers, la part de marché des pharmacies gagne 22 points en six ans, pour atteindre 59 % en 2012.

Enfin, le chiffre d’affaires des officines est aussi porté par la distribution d’articles médicaux et orthopédiques, dont les ventes par les pharmacies ont quadruplé en douze ans. Entre 2006 et 2012, la part de marché des pharmacies dans la vente de ces produits passe de 22 % à 30 %, au détriment des magasins spécialisés (de 77 % à 64 %).

Depuis 2010, le nombre de pharmaciens diminue

Depuis 2010, alors que le numerus clausus est quasi constant, le nombre de pharmaciens titulaires chute (- 4,1 % en 2011 et – 1,5 % en 2012). Le nombre de professionnels n’avait pourtant cessé de progresser depuis le début des années 1990. La baisse récente du nombre de pharmaciens s’explique à la fois par le vieillissement de la profession (49 ans en moyenne), à l’origine d’un nombre important de départs à la retraite, et par l’orientation plus marquée des jeunes diplômés vers d’autres spécialités. La pharmacie est un secteur fortement féminisé. En 2012, 68 % des pharmaciens sont des femmes, une part assez stable dans le temps. Mais elles sont plus souvent adjointes que titulaires. Plus généralement, elles représentent une très large majorité des postes salariés en pharmacie.

Des disparités régionales d’implantation des officines

En 2012 comme en 2006, les officines sont inégalement réparties sur le territoire en dépit de la réglementation relative aux implantations. En moyenne, une pharmacie sert environ 2 700 habitants en France métropolitaine. Mais la densité par habitant est variable d’une région à l’autre, plus faible dans les régions du nord de la France (notamment dans les régions à statut particulier, comme l’Alsace, avec une pharmacie pour 3 900 habitants). En revanche, dans les régions du sud de la France, où la population est plus âgée, la densité pharmaceutique est forte. De même, l’écart de densité d’officines entre le nord et le sud du pays est moins important quand il est rapporté à la population des plus de 60 ans, dont les dépenses médicales sont supérieures à la moyenne nationale. Selon ce critère, les régions du sud de la France sont dans la moyenne métropolitaine : une officine pour 635 personnes âgées de 60 ans et plus. Ces disparités s’expliquent également par la désertification démographique que subissent certains départements ainsi que par l’attraction touristique qu’exercent d’autres.

580 euros en moyenne de dépenses par habitant

Ces contrastes de densité peuvent également être rapprochés des écarts de chiffre d’affaires par habitant en produits pharmaceutiques. En France, en 2012, le chiffre d’affaires par habitant s’élève à 580 euros, en hausse de 9,3 % depuis 2006. Mais de fortes variations régionales existent, semblables à celles de l’implantation des officines. Ainsi, dans les régions où le nombre d’officines est important au regard de la population, le chiffre d’affaires par habitant est plus élevé que la moyenne en France métropolitaine (Limousin, Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, etc.). A l’inverse, les régions moins bien dotées en officines sont souvent celles où le chiffre d’affaires par habitant est plus faible (Alsace, Haute-Normandie, etc.). Dans ces régions, la part des seniors est souvent plus faible, alors que c’est dans ces tranches d’âge que les dépenses médicales sont supérieures à la moyenne nationale.