Les personnes âgées intéressent les sectes

La mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s’est intéressée pour son dernier rapport aux personnes âgées particulièrement exposées aux dérives sectaires.

Pour Bernard Ennuyer, docteur en sociologie et ancien directeur d’un service d’aide et de soins à domicile, « il y a une fraction des populations vieillissantes qui est beaucoup plus à risques que d’autres au regard des dérives thérapeutiques et de dérives sectaires. C’est de toute évidence la population âgée à partir de 80-85 ans ».

Catherine Picard, présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (Unadfi) en témoigne : « Les Adfi sont souvent contactées par des familles qui s’inquiètent de démarches auprès de leurs proches de certaines associations reconnues comme sectaires. Par le biais de démarchages à domicile, de propositions de discussions, d’aide à rompre la solitude, de distribution ou de vente de documents pseudo-religieux, ces mouvements, notamment les Témoins de Jéhovah font un « forcing » pour pénetrer chez les personnes âgées, s’insinuer dans leur intimité et, à terme, se substituer à la famille qui devient encombrante et se voit rejetée. »

Avec les personnes âgées, la notion d’abus de faiblesse prend tout son sens. A la clef, il y a souvent des tentatives de captations financières, des dons soutirés ou des legs de sommes plus ou moins importantes. 

La Miviludes témoigne ainsi de la situation d’un homme de 75 ans, veuf, endoctriné par une femme membre du mouvement Ramtha qui va l’amener à interrompre des traitements médicaux pourtant indispensables.

La mission pointe aussi les risques et les situations de maltraitance financière concernant les personnes âgées  dans les établissements sanitaires et sociaux et cite aussi les cas de personnes âgées séduites par le discours de « pseudo-guérisseurs».

 En 2013, la réflexion de la Miviludes portera sur les « dérives sectaires et Internet ».