La Fédération des mutuelles de France (Fmf) juge le Plfss “inaceptable”. Lors de son Conseil d’administration, elle rappelle que le projet de loi sur la Sécurité sociale a été rejeté par toutes les instances auxquelles il a été soumis (CA de la Cnaf, de la Cnam, Unocam). Pire, aucune organisation sociale, aucun corps intermédiaire ne l’ont soutenu.

“Depuis son arrivée aux responsabilités, le gouvernement n’a eu de cesse de vanter les mérites du « dialogue social ». Comment peut-il afficher alors autant de mépris pour la démocratie sociale ?” s’interroge la Fédération de mutuelles de France dans un communiqué de presse qui rappelle qu’aujourd’hui, dans notre pays, plus de 10 millions de personnes ne peuvent se soigner correctement.

“Alors que la France est la 5e puissance économique mondiale et que notre pays n’a jamais produit autant de richesses, cette situation est intolérable. Loin d’apporter une réponse satisfaisante aux inégalités de santé qui sont de plus en plus criantes, le Plfss va conduire à segmenter encore plus les populations selon leur statut ou leur situation financière”.

Les Mutuelles de France s’interrogent d’abord sur le projet du gouvernement d’imposer aux bénéficiaires à l’aide à la complémentaire santé de choisir leurs contrats au sein de quelques organismes préalablement sélectionnés suite à un appel d’offre et non auprès de celui de leur choix comme c’était le cas jusqu’à maintenant. Pour la Fmf : “le gouvernement remet en cause l’accès de ses bénéficiaires au droit commun”.

La Fédération déplore également le choix fait par le gouvernement d’augmenter encore la fiscalité sur les contrats mutualistes malgré les engagements du Président de la République : “Le gouvernement prend la responsabilité d’éloigner encore plus les personnes les plus précaires de la complémentaire santé.”

Enfin, en prévoyant de réduire encore les moyens alloués à l’hôpital public, “la ministre de la Santé continue la politique d’asphyxie du service public hospitalier et prend le risque d’une crise sanitaire majeure dans le pays”.

Pour toutes ces raisons, la Fmf, juge le Plfss pour 2014 “inacceptable”.

Rappelant que le mouvement mutualiste poursuit un objectif : permettre un accès à des soins de qualité à toutes les personnes, quels que soient leur âge, leur statut, leur profession ou encore leur lieu de résidence, les responsables des Mutuelles de France en appellent à la mobilisation afin d’interpeller les parlementaires, les acteurs sociaux, les associations, les syndicats, pour mettre un terme à la régression du système de protection sociale solidaire et engager le débat sur son avenir et son financement.