Le congrès des Mutuelles de France a ouvert ses portes à Dijon le lundi 13 octobre. Durant trois jours, les 450 délégués vont débattre autour des questions d’inégalités de santé, de protection sociale, de modernité des valeurs mutualistes.

Le Président des Mutuelles de France, Jean-Paul Benoit, a ouvert le congrès dans un contexte de crise politique, économique et sociale sans précédent. Sa déception à l’égard de la politique du gouvernement est patente : «Oubliée la baisse de la Taxe sur les complémentaire santé promise au Congrès de la Fnmf à Nice en octobre 2012, envolé l’accès de tous à une complémentaire santé, enterrée la limitation des dépassements d’honoraires»… a t’il déclaré.

En finir avec l’austérité

Sous prétexte de la Dette, les Pouvoirs publics remettent en cause la protection sociale. Contre cette politique d’austérité, Jean-Paul Benoit suggère de nouvelles ressources pour la Sécurité Sociale d’autant plus indispensables que la collectivité va faire face à de besoins croissants avec le vieillissement de la population. L’argent existe, selon lui, en particulier du coté des niches fiscales et sociales qui constituent un manque à gagner pour la Sécurité Sociale. Il faut aussi aller chercher des recettes supplémentaires du coté de «tous les revenus» des entreprises. «Faire porter les cotisations employeurs sur la seule masse salariale exonère les produits de la spéculation financière et la rémunération du capital».

Injuste ANI

Avec l’ANI qui va généraliser la complémentaire santé en entreprise, c’en est fini d’un système de protection sociale universel et solidaire. «Que vont devenir les chômeurs, les retraités et les jeunes en formation qui n’auront pas de «droit à la complémentaire santé» s’alarme le Président. Les chiffres sont accablants : les exonérations fiscales accordées aux contrats d’entreprises sont déjà de 4,3 Milliards d’euros par an. Le coût engendré par l’ANI sera de 2,5 Milliards d’euros. Ces derniers serviront à financer la complémentaire santé de… 400 000 salariés, seulement. Par comparaison, le budget de la CMU-C est lui de 1,9 Milliards d’euros : «Ces 2,5 Milliards d’euros suffiraient donc à couvrir les 4 millions de Français qui n’ont aucune couverture santé» s’indigne le Président qui en appelle au financement public de la CMU-c pris en charge aujourd’hui presque intégralement par les complémentaires santé.

Supprimer les taxes

500 000 personnes ont renoncé à leur mutuelle entre 2010 et 2012… Une première depuis les années 1970. Or sans mutuelle, impossible de se soigner. Il y a donc urgence à supprimer les taxes qui pèsent sur les complémentaires santé : «comment pourrions nous accepter que plus de 13 % des cotisations de nos adhérents, un mois et demi de cotisations par an soient détournés de la réponse solidaire à leurs besoins ?» dénonce Jean-Paul Benoit .

Le gouvernement doit agir

Recul de la prise en charge par l’assurance maladie, dépassements d’honoraires, déserts médicaux, crise de l’hôpital public… Notre système de santé se dégrade. Les inégalités d’accès aux soins explosent. Et Jean Paul Benoit, en appelle à la volonté politique du gouvernement de juguler les dépassements d’honoraires, généraliser le tiers-payant et développer la médecine de premier recours en soutenant, entre autres, les centres de santé

Inventer le Fédéralisme de demain

Le Congrès de Dijon sera aussi un moment de réflexion sur l’avenir du Fédéralisme et sur le fonctionnement de la FMF, afin «que celle ci puisse accompagner les groupements dans leurs évolutions» et continuer à participer à la construction d’«une mutualité au service de l’homme».