Les Mutuelles de France appellent à manifester le 26 novembre 2013 à partir de 14 heures devant l’Assemblée nationale. Elles dénoncent le Plfss 2014 qui portent atteinte à une Sécurité sociale solidaire et les nombreuses attaques contre un mouvement mutualiste pourtant garant de l’accès aux soins pour tous.

Pour les Mutuelles de France, trop c’est trop. Elles estiment que Le PLFSS 2014 discuté en ce moment au Parlement est inacceptable et porte gravement atteinte à la Sécurité sociale. “Alors que le changement promis se fait toujours attendre, la déconstruction de notre protection sociale solidaire continue”,  estiment ses porte-parole.

Multipliées sous la présidence Sarkozy, les attaques contre la Sécu continuent depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir. Avec l’Ani et la décision de généraliser la complémentaire santé en entreprise, c’est un système de protection sociale à 3 vitesses qui se met en place et qui va accentuer les inégalités.

Premier échelon : une Sécurité sociale affaiblie et remboursant de moins en moins – celle-ci indemnise aujourd’hui en moyenne 55 % seulement des dépenses de santé-. Second échelon : pour les salariés et ceux qui en auront les moyens, une complémentaire santé de base. Enfin, pour les plus riches, les plus privilégiés de la société, une surcomplémentaire à coût élevé mais garantissant une bonne couverture sociale, en particulier en optique et dentaire, mais aussi comblant les dépassements d’honoraires, entraînant de ce fait des dérives inflationistes du système.

Pour les Mutuelles de France, cette situation est intolérable : avec l’Ani, c’est la fin de l’ambition d’une protection sociale universelle et le développement des ruptures de solidarité. Avec un budget de la Sécu insuffisant, c’est le renoncement à assurer des soins de qualité à tous et l’aggravation de la crise de l’hôpital public.

La Fmf dénonce aussi les attaques en direction des adhérents mutualistes : avec les nouvelles hausses des taxes, les cotisations mutualistes ne pourront rester en l’état et vont augmenter, accroissant le nombre de personnes acculées à renoncer à une couverture complémentaire.

D’autres part, au sein des entreprises, la mise en place de clauses de recommandations dans le cadre d’accord de branche – privilégiant les instituts de prévoyance ou les grosses mutuelles – va compromettre le tissu des mutuelles de proximité, leurs politiques d’action sociale et leurs établissements de soins et de santé qui bénéficient à l’ensemble de la population française et, parmi elle, aux plus fragiles de la société car dans les établissements mutualistes, le tiers payant et le secteur 1 sont la règle.

Enfin, le gouvernement souhaite limiter pour les bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé (Acs) l’accès à certaines complémentaires sélectionnées et labellisées. Pour les bénéficiaires de l’Acs, c’est la fin de l’accès aux soins de droit commun puisqu’ils ne seront plus libres de choisir leurs complémentaires en dehors de celles autorisées. Une décision gouvernementale qui va déboucher sur des mutuelles réservées aux plus pauvres et qui va stigmatiser ces populations.

Face à la poursuite des politiques de démantèlement de la protection sociale solidaire menée ces dernières années, les mutualistes réaffirment leurs exigences :

• Une réforme ambitieuse du financement de la protection sociale pour une prise en charge solidaire des nouveaux besoins.

• Une réforme globale du système de santé pour lutter à la fois contre les déserts médicaux et les dépassements d’honoraires.

• La suppression de toutes les taxes sur la santé, réclamée par plus d’un million
de personnes en 2012.

• Le maintien du caractère solidaire de l’ensemble de la couverture santé et le retrait immédiat des clauses de recommandation.