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Les maladies chroniques, le défi santé du XXI ème siècle

Le nombre de malades chroniques est en hausse constante en France et dans le monde. Lors d’un colloque organisé par La Mutuelle Familiale, le 21 septembre à Paris, des experts de la santé environnementale ont donné des pistes pour faire face à cette crise sanitaire mondiale.

Le colloque « Santé environnementale et maladies chroniques : coût de l’action, coût de l’inaction », organisé par La Mutuelle Familiale en partenariat avec le Réseau environnement santé (Res) et le quotidien l’Humanité, a réuni scientifiques, citoyens et associations dans l’hémicycle du Conseil économique social et environnemental (Cese). Patrick Bernasconi, président de cette troisième assemblée de la République, a rappelé que l’institution permettait « le lien entre les préoccupations des citoyens et celles des pouvoirs publics ». Un lieu donc tout à fait approprié pour parler d’un sujet encore insuffisamment pris en compte. 

Agir sur les facteurs de risques 

Depuis plusieurs années, les études montrent une véritable explosion du nombre de cas de maladies chroniques, comme les cancers, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les maladies respiratoires, etc. Entre 1994 et 2016, leur incidence a été multipliée par trois ! Et cette hausse « ne s’explique pas seulement par la démographie ou le dépistage », a insisté André Cicolella, président du Res. « Ce constat nous alarme. C’est un nouveau défi sanitaire, celui du xxie siècle, a affirmé Léonora Tréhel, présidente de La Mutuelle Familiale. Nous ne pouvons pas faire comme si nous ne savions pas ! » 

Pour tous les intervenants, la réponse à cette crise sanitaire mondiale se trouve dans la santé environnementale*, fondée sur la réduction de la pollution et sur les changements d’habitudes de vie. En clair, les maladies chroniques, non transmissibles, sont le plus souvent évitables si l’on intervient sur les facteurs de risques que sont une mauvaise alimentation, la sédentarité ou l’exposition aux perturbateurs endocriniens. 

Autre constat, les maladies chroniques représentent aujourd’hui 60 % des dépenses de santé en France. Pour Léonora Trehel, « cela appelle à interroger notre système de santé et de solidarité dont la pérennité est mise à mal devant l’augmentation des dépenses ». 

Eloi Laurent, économiste à Sciences Po et à l’université de Stanford aux Etats- Unis, a développé l’idée d’une métamorphose de notre Etat providence en un Etat « social-écologique » dont la santé environnementale serait le coeur. « Il faut changer de logique et passer du curatif au préventif », a-t-il expliqué. 

Etienne Caniard, membre du Cese et président de la Fondation de l’Avenir, ancien président de la Mutualité française, a estimé qu’il y a « beaucoup à faire pour définir une politique de santé qui ne se résume pas à une offre de soins ». Des expérimentations s’inscrivant dans cette logique préventive ont d’ailleurs déjà été menées, avec un certain succès. Ainsi les « Espaces santé active », lancés en 1998 par Patrick Negaret, à l’époque directeur de la Caisse primaire d’assurance-maladie de la Sarthe, qui proposaient des ateliers gratuits, ouverts à tous, pour aider les citoyens à changer leurs habitudes et à être en meilleure santé (activité physique, santé du coeur, savoir lire des étiquettes, etc.). « Il faut responsabiliser et pas culpabiliser, a souligné Patrick Negaret, aujourd’hui à la tête de la Cpam des Yvelines. En quatre ans, les résultats mesurés par l’université du Maine ont montré une diminution importante des consultations chez le généraliste et des indemnités journalières. 

Léonora Tréhel a rappelé les initiatives de La Mutuelle Familiale en matière de santé environnementale et ses partenariats avec le Res ou l’association Générations Cobayes qui propose des produits sains sur sa boutique en ligne La Réjouisserie. La mutuelle organise aussi régulièrement des ateliers sur l’alimentation, les cosmétiques ou les produits ménagers, ou encore des expos sur les perturbateurs endocriniens. En complément, elle a créé un site Internet dédié, maprevention.com, et sa page Facebook. Sur son appli Ma complémentaire de vie, ses adhérents trouvent de nombreux bons plans bien-être. Enfin, elle a créé la Fondation santé environnement, la première dans le monde mutualiste. 

Des témoignages passionnants ont été délivrés, comme celui de Brigitte Simonot, gynécologue, qui a coordonné une étude sur l’imprégnation du bisphénol A dans les Hauts-de-France ; ou celui de Florent Chapel, vice-président de la Fondation de l’autisme, qui s’est exprimé sur le lien démontré entre autisme et environnement dégradé. 

Des solutions existent pourtant.

Aux pouvoirs publics de s’en emparer, mais également aux jeunes générations. Selon Martin Rieussec-Fournier, cofondateur de Générations Cobayes, « la bataille des idées peut être gagnée si on se rassemble pour véritablement transformer cette société toxique » . 

Une protection sociale et écologique 

Les Français, quant à eux, (lire ci-contre) considèrent que, les causes de ces maladies étant multifactorielles, tous les acteurs – industriels, producteurs, professionnels de santé et citoyens – doivent se mobiliser. « Les responsabilités sont partagées et la réponse doit être collective », a résumé Bernard Sananès, Pdg d’Elabe. 

En concluant les travaux, Léonora Tréhel a estimé que le colloque « a ouvert une porte. On voit que les actions de chacun portent leurs fruits. Maintenant, il faut aller plus loin, faire en sorte que cet élan permette de modifier la conception de la protection sociale afin qu’elle intègre la santé environnementale. Peut-être faut-il créer un manifeste qui pourrait nous rassembler pour une protection sociale et écologique. » 

* « La santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine […] déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. » (Définition de l’Oms.)

Alexandra Luthereau

Le point de vue des Français

La Mutuelle Familiale a commandé une étude à l’institut Elabe sur « Les Français, la santé environnementale et les maladies chroniques » (enquête en ligne auprès de 1 003 personnes de 18 ans et plus). Parmi les résultats, publiés lors du colloque : 97 % des Français sont convaincus du lien entre santé et environnement. La pollution chimique (dont les perturbateurs endocriniens), la malbouffe et la pollution de l’air causent le plus de maladies et décès en France aujourd’hui. Pour réduire la mortalité due aux maladies chroniques, les Français préconisent d’agir en priorité sur la qualité des produits alimentaires. 

Retrouvez les Actes du colloque et les résultats de l’enquête sur www.mutuelle-familiale.fr 

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